La diplomatie vaticane refait son apparition sur la scène mondiale
Rome, 6 septembre 2013 (Apic) Dans le conflit meurtrier en Syrie, la diplomatie vaticane fait entendre sa voix en intervenant à point nommé entre l’horreur de l’attaque chimique du 21 août dernier dans une banlieue de Damas et les menaces de riposte militaire des Etats-Unis et de la France. Dans la matinée du 5 septembre 2013, devant la quasi-totalité du corps diplomatique accrédité résidant à Rome, le ‘ministre des Affaires étrangères’ du Vatican, le cardinal Dominique Mamberti, a énuméré les conditions nécessaires pour « la Syrie de demain ».
Habituellement discrète, la diplomatie vaticane refait son apparition sur la scène mondiale, accompagnée de la mobilisation spirituelle souhaitée par le pape François.
« Le Saint-Siège a un rôle moral qui ne va normalement pas au-delà des principes puisqu’il n’a pas les moyens des autres puissances pour intervenir, nous attendons un relais des puissances qui ont les moyens d’intervenir », a confié Mgr Mamberti, secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec Etats, aux diplomates du monde entier qui le pressaient de questions.
Le Saint-Siège, ont soutenu par la suite des sources diplomatiques, intervient ainsi au meilleur moment devant l’absence de « leadership moral » sur la question syrienne. Dans son intervention, Mgr Mamberti a indiqué plusieurs principes pour le retour de la paix, parmi lesquels le rétablissement du dialogue, l’unité du pays et le respect de l’intégrité territoriale. Il a également demandé « de la place pour tous dans la Syrie de demain », notamment pour la minorité chrétienne. Dans le document distribué à la presse, la protection des alaouites, qui pourraient avoir à fuir le pays, n’apparaît pas. Le groupe ethnique et religieux auquel appartient la famille du leader syrien Bachar el-Assad a cependant été mentionné au cours de cet exposé.
A Rome, l’attention se concentre ainsi sur les minorités, sur le respect des droits de l’homme, en particulier la liberté religieuse, et l’éloignement des groupes terroristes du pouvoir qui doit, à terme, être mis en place en cas d’accord. Au préalable, devant l’urgence du drame humanitaire en cours, le Saint-Siège relève qu’un cessez-le-feu, même partiel, permettrait l’envoi et l’accès à l’aide humanitaire.
Au cours de cette réunion extraordinaire, le chef de la diplomatie vaticane a donc exposé la position du Saint-Siège et encouragé les nations puissantes à intervenir, armées des seuls principes soutenus à Rome. Très concerné par la question syrienne, au dire de plusieurs sources, le pape a mis en branle sa diplomatie après les nombreux appels déjà lancés, tout comme Benoît XVI avant lui.
Entre diplomatie et communication, le pape a également écrit au président russe Vladimir Poutine au jour de l’ouverture du sommet du G20 à Saint-Pétersbourg. S’il invite à « abandonner la vaine poursuite d’une solution militaire » au conflit, il interpelle un à un les participants au sommet afin qu’ils cherchent, « avec courage et détermination, une solution pacifique par le dialogue et la négociation entre les parties ».
Le pape compte également sur la mobilisation spirituelle des troupes catholiques invitées à prier et jeûner le 7 septembre prochain pour la paix, place Saint-Pierre et à travers le monde. Là aussi, l’écho donné à cette mobilisation, pourrait porter des fruits. (apic/imedia/ami/rz)
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