L’ethnie musulmane est en quête d’un pays qui l’accepte
Bangkok, 10 septembre 2013 (Apic) L’œuvre d’entraide catholique Caritas Thaïlande se prépare à accueillir, avec la fin de la mousson, un flot croissant de réfugiés rohingyas de la Birmanie. Cette ethnie à majorité musulmane est régulièrement la cible de violences, principalement de la part des bouddhistes birmans, depuis environ un an. Rejeté de tous les pays, ce peuple est en quête d’une patrie où s’installer.
En dépit d’un gouvernement peu enclin à accueillir des réfugiés par milliers, Caritas Thaïlande s’investit de plus en plus dans l’assistance aux très nombreuses populations qui fuient les persécutions des pays voisins, rapporte le 9 septembre 2013 Eglises d’Asie (EDA), l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris.
Parmi ces réfugiés, la minorité ethnique des Rohingyas est, d’après l’ONU, l’un des peuples les plus discriminés au monde. Fort d’un million d’individus parlant une langue indo-européenne, il vit principalement à la frontière du Bangladesh, dans la partie nord de l’Etat de l’Arakan, à l’ouest de la Birmanie. Fortement marginalisés au Bangladesh et en Birmanie, les Rohingyas ne peuvent trouver de véritable refuge dans aucun pays, en raison notamment de leur statut d’apatride.
La Birmanie refuse en effet de leur accorder la citoyenneté, considérant qu’ils ont immigré du Bangladesh pendant la période coloniale britannique. La minorité essaye alors de trouver une terre d’accueil dans les pays proches de la Birmanie, comme la Malaisie. Ils espèrent ne pas être rejetés à la mer ou parqués dans des camps insalubres et surpeuplés avant d’être expulsés vers leur pays d’origine, une politique menée entre autres par le Bangladesh et la Thaïlande. Actuellement, plus de 2’000 Rohingyas sont emprisonnés dans différents centres de détention de Thaïlande. Caritas s’inquiéte de ce qu’un afflux de nouveaux réfugiés ne vienne bientôt gonfler ces effectifs déjà en surnombre. La mousson va bientôt se terminer et la mer sera moins dangereuse, ce qui amènera sur les côtes de nouveaux Rohingyas fuyant l’Arakan.
Caritas Thaïlande, qui agit dans les camps en partenariat avec le «Catholic Office for Emergency Relief and Services» (COERR), a mis en place une aide médicale, alimentaire et sociale avec les différents centres d’accueils diocésains. «Les volontaires de Caritas font un travail phénoménal, de soutien psychologique comme d’assistance médicale, dispensant des soins et distribuant des produits d’hygiène et d’aide d’urgence», rapporte le Père Anucha Chaowpraeknoi, aumônier du COERR.
Depuis 2012, les persécutions à l’encontre de la minorité musulmane rohingya par la majorité bouddhiste arakanaise se sont fait plus intenses du fait de la campagne de haine nationaliste menée par des moines bouddhistes extrémistes. Les émeutes meurtrières se sont multipliées ces derniers mois, faisant plusieurs centaines de morts et plus de 160’000 déplacés. (apic/eda/rz)
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