L’Eglise est appelée à ouvrir ses couvents vides
Rome, 11 septembre 2013 (Apic) En visite le 10 septembre dans un centre d’assistance aux réfugiés, au cœur de Rome, le pape François a lancé un nouvel appel afin que nul n’ait peur d’accueillir les étrangers en difficulté. Il a lancé un appel aux congrégations religieuses afin que leurs couvents vides ne soient pas transformés en hôtels pour «gagner de l’argent» mais accueillent ceux qui sont dans le besoin.
Deux mois après sa visite choc sur l’île italienne de Lampedusa, où il avait fustigé la «mondialisation de l’indifférence», le pape François a lancé un nouvel appel à l’accueil des étrangers, et des réfugiés en particulier. En visite au Centro Astalli géré par le Service jésuite des réfugiés, il a pris la parole dans l’église du Gesù devant quelque 500 personnes: réfugiés de toutes religions et nationalités, responsables du centre et bénévoles.
«Chacun de vous», a lancé le pape aux réfugiés, «porte en lui une richesse humaine et religieuse, une richesse à accueillir et non à craindre». «Nous ne devons pas avoir peur des différences», a-t-il poursuivi avant de déplorer que nombre de réfugiés arrivés à Rome au terme d’un voyage difficile ne retrouvent pas le sourire mais soient à l’inverse «contraints de vivre dans de mauvaises conditions, parfois dégradantes, sans la possibilité de commencer une vie digne, de penser à un nouvel avenir».
Le pape François a alors invité toute l’Eglise à «servir, accompagner et défendre» les réfugiés, s’appuyant sur les 3 piliers du Service jésuite des réfugiés. «Est-ce que je m’incline sur ceux qui sont en difficultés ou bien j’ai peur de me salir les mains?», s’est notamment interrogé le pape avant d’assurer aussi qu’il ne suffisait pas de «donner un sandwich s’il n’est pas accompagné par la possibilité d’apprendre à marcher avec ses propres jambes».
Pour beaucoup, a dénoncé une nouvelle fois le pape, le mot «solidarité» est considéré comme un «gros mot». Dieu, a poursuivi le pape, «nous demande et demande à nous, l’Eglise, à nous, ville de Rome, aux institutions, il demande que plus personne n’ait à avoir besoin d’une cantine, d’un logement de fortune, d’un service d’assistance juridique pour voir reconnus ses droits à vivre et à travailler, à être une personne à part entière».
«Le Seigneur, a encore souligné le pape François à l’intention des religieux, appelle à vivre avec plus de courage et de générosité l’accueil dans les communautés, dans les maisons, dans les couvents vides». «Chers religieux et religieuses, a alors lancé le pontife, les couvents vides ne servent pas à l’Eglise pour les transformer en hôtels et gagner de l’argent. Les couvents ne nous appartiennent pas, ils sont pour la chair du Christ que sont les réfugiés».
Lors de cette visite d’une heure et demie au Centro Astalli, le pape François a visité le réfectoire où, tous les jours, plus de 400 personnes viennent prendre un repas chaud. En prenant son temps, il a salué ceux qui attendaient leur tour puis ceux qui étaient assis à table en train de manger. Il s’est ensuite entretenu avec un groupe d’une vingtaine de personnes. «Il leur parlait de près et les regardait dans les yeux», a précisé peu après aux journalistes le Père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège.
Parmi eux, il y avait notamment Franck, journaliste camerounais poursuivi dans son pays, accompagné de sa femme Thérèse, ou encore Kaiser, chrétien réfugié en Italie où il a finalement retrouvé femme et enfants. Pour Emmanuel, originaire du Nigeria, présent avec sa femme Farida et son jeune fils, cette visite a été un moment fort. «Nous avons pu parler de notre situation avec le pape et nous espérons que cela attirera l’attention des gens sur nos difficultés, sur notre désir d’un avenir meilleur, et que le Vatican pourra s’impliquer davantage dans l’aide aux réfugiés», a-t-il ensuite confié à I.MEDIA.
Après cette visite, marquée par un climat festif, le pape François s’est donc rendu dans l’église du Gesù voisine, pour la 2efois de son pontificat. Là, il a écouté les témoignages de deux réfugiés, dont une jeune enseignante syrienne, parlant du drame de son pays, notamment concernant l’éducation des générations futures. Le pontife a également déposé des fleurs sur la tombe du père Pedro Arrupe, ancien supérieur général des jésuites et fondateur du Service jésuite des réfugiés.
L’invitation faite au pape de se rendre au Centro Astalli avait été formulée par son directeur, le Père Giovanni La Manna, au début du pontificat, en mars dernier. Quelques jours plus tard, le jésuite avait appris que le pape acceptait cette proposition, sans qu’une date ne soit fixée. C’est au mois d’août que le pontife avait lui-même rappelé afin de fixer cette date. (apic/imedia/ami/mm/bb)
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