Egypte: Graves menaces sur le patrimoine copte, endommagé par les islamistes

Non protégé, en dépit de son importance historique

Le Caire, 12 septembre 2013 (Apic) Près de 60 bâtiments religieux chrétiens ont été endommagés ou complètement détruits en Egypte au cours d’attaques perpétrées en août dernier par des émeutiers islamistes. En dépit de leur importance historique, note dans sa dernière édition le journal égyptien francophone «Al-Ahram Hebdo», «ces édifices ne sont pas considérés comme des monuments à protéger».

Malgré l’aspect historique de certaines églises, le ministère d’Etat pour les Affaires des antiquités est incapable de réagir ou de prendre des mesures de restauration ou de rénovation, déplore Doaa Elhami dans le n° 991 de l’hebdomadaire édité au Caire.

Les églises grecques à Suez, celle de la Vierge à Béni-Soueif ou encore celle de l’archange Michaël à Kerdassa et beaucoup d’autres ont été endommagées, voire complètement détruites dans ces attaques. Si l’Etat ne veut pas entreprendre de restauration, c’est, avance-t-il, parce que ces bâtiments ne sont pas inscrits sur la liste du Patrimoine national, comme d’ailleurs plus de 60 % des monuments coptes. De ce fait, l’Unesco ne peut pas protéger ces édifices non enregistrés au Patrimoine national.

Des monastères incendiés pas enregistrés en tant que monuments

Cet état de fait menace l’existence des monuments coptes en Egypte, signale Louay Mahmoud Saïd, professeur des antiquités à l’Université de Ménoufiya. Responsable du Département d’enregistrement et d’archivage des monuments coptes, il relève que bien que ce département ait été créé avant le déclenchement de la révolution de janvier 2011 qui a amené la chute du président Moubarak, il est privé de prérogatives. Ce qui explique pourquoi tous les monastères et toutes les églises qui ont été incendiés le mois dernier ne sont pas enregistrés en tant que monuments. Le ministère n’assume aucune responsabilité pour ces monuments. «Le patrimoine copte risque ainsi de disparaître à jamais», déplore le professeur, initiateur et directeur du Programme des études coptes au sein de la Bibliothèque d’Alexandrie.

Suite aux attaques des islamistes, des dizaines d’édifices – églises et monastères, écoles, lycées missionnaires, qu’ils soient orthodoxes, catholiques ou protestants – dont certains sont bicentenaires – ont été incendiés par les émeutiers. Certains remontent aux premiers siècles de notre ère, comme le monastère de la Vierge et l’église d’Abram, dans le village de Delga, à Deir Mouas, dans le gouvernorat de Minia, en Moyenne-Egypte. Ces deux importants monuments historiques remontent au début du Ve siècle. Le journal rappelle que les bâtiments modernes qui ont été endommagés renfermaient, eux aussi, des pièces antiques comme les icônes, les fresques et du mobilier. (apic/alahram/be)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/non-protege-en-depit-de-son-importance-historique/