Europe de l’Est: Caritas Suisse critique le plan européen pour l’intégration des Roms

Entre progrès et désillusion

Lucerne, 19 septembre 2013 (Apic) Le plan d’action européen d’intégration des Roms en Europe de l’Est «n’a pas de résultats probants», affirme Caritas Suisse. L’œuvre d’entraide catholique déplore qu’aucun des objectifs affichés n’ait été atteint dans le cadre de la «Décennie pour l’intégration des Roms». Les conditions de vie de ces populations se seraient encore péjorées depuis le commencement de la démarche, en 2005. Caritas note cependant un certain nombre d’actions encourageantes dans le domaine.

«On a placé beaucoup d’espoir dans la ‘Décennie pour l’intégration des Roms’, de 2005 à 2015», affirme l’organisation catholique dans un communiqué du 19 septembre 2013. Une première évaluation en 2011 du plan d’action européen affiche pourtant, selon Caritas, des résultats modestes, bien que plus de 400 millions d’euros aient été investis dans les projets.

En février 2005, les gouvernements de Bulgarie, Croatie, République tchèque, Hongrie, Macédoine, Roumanie, Serbie et Slovaquie ont signé une déclaration appelant à une «décennie 2005-2015 de l’intégration des Roms». Depuis lors, douze Etats d’Europe centrale et de l’Est ont renforcé leurs efforts pour éliminer les discriminations frappant les Roms, la plus importante minorité ethnique de ces régions. Le but était de soutenir leur intégration en instituant dans chaque pays un plan d’action de la Décennie (DAP), dans les secteurs de l’éducation, de la formation, de l’emploi, de la santé et du logement.

Les Roms ont toujours mauvaise réputation

Mais aujourd’hui, les Roms sont toujours aussi mal acceptés, non seulement en Europe de l’Ouest, mais aussi dans leurs pays d’origine. La plupart sont chômeurs ou n’ont pas de revenus réguliers. Beaucoup n’ont pas achevé leur scolarité obligatoire et n’ont pas de formation professionnelle, car l’Etat a cessé d’encourager activement la formation, note Caritas.

Les enfants ont dû aider leurs parents à collecter les déchets, à mendier ou à voler pour pouvoir garder la tête hors de l’eau. Les Roms ont ainsi mauvaise réputation, on les voit comme des délinquants, et des gens peu dignes de confiance.

Développer les propres ressources de la communauté

Malgré ce constat inquiétant, Caritas souligne que «l’avenir n’est pas si noir». Plusieurs pays de l’Ouest soutiennent activement les douze Etats signataires, dont la Suisse. Dans la société civile, des organisations non gouvernementales de Roms ont vu le jour ; elles défendent leurs intérêts, soutenues par des organisations partenaires d’Europe de l’Ouest, dont Caritas Suisse. L’œuvre d’entraide explique que des initiatives qu’elle a lancées ou auxquelles elle participe, notamment en Bosnie-Herzégovine, au Kosovo ou en Roumanie, portent des fruits encourageants.

Pour Caritas Suisse, un objectif important consiste à renforcer les communautés roms, en soutenant par exemple les centres de quartier ou les ONG qui s’engagent pour leurs droits. De cette manière, les progrès se basent sur les ressources propres de ces communautés qui participent par là activement à l’amélioration de leur intégration dans la société. (apic/com/rz)

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