Contre toute nouvelle libéralisation
Berne, 22 septembre 2013 (Apic) L’Alliance pour le dimanche – un vaste mouvement composé de syndicats, d’associations de travailleurs, de partis de gauche et d’Eglises de Suisse – est déçue par le résultat du scrutin du 22 septembre 2013 sur les shops des stations-service. L’ouverture de ces magasins la nuit a été acceptée par 55,8% des votants.
Le peuple suisse a dit oui à cette libéralisation malgré la campagne engagée de l’Alliance pour le dimanche, qui avait combattu par référendum la décision du Parlement.
«Nous devons prendre acte du résultat, et nous ne pouvons rien faire contre. Mais nous serons très vigilants pour suivre ce qui va se passer après cette votation», a déclaré à l’agence de presse catholique Apic Mgr Markus Büchel, évêque de Saint-Gall et président de la Conférence des évêques suisses (CES).
«L’idée maîtresse de notre argumentation a toujours été plus profonde que quelques saucisses», a-t-il déclaré, en faisant allusion à la campagne publicitaire des partisans de la libéralisation, dont l’un des slogans était «Légaliser les saucisses à rôtir – Oui à la loi sur le travail». Le président de la CES souligne que «nous avons toujours dit que, pour nous, il s’agissait essentiellement de protéger le dimanche en tant que bien social et culturel, et bien sûr, en tant que bien religieux». Pour Mgr Büchel, il a valu la peine de s’engager pour mettre sur la table les valeurs plus profondes en arrière-fond de cette libéralisation.
La journée de travail de 24 heures doit rester limitée à ces 24 shops, a également déclaré dimanche l’Alliance pour le dimanche. «Grâce à leur campagne de publicité massive, les partisans de cette libéralisation ont su faire croire que l’extension des heures d’ouverture des magasins ne concernait que 24 shops de stations-service», déplorent les référendaires.
Les organisations de l’Alliance pour le dimanche prennent au mot les partisans de la libéralisation, qui, tout au long de la campagne, n’ont cessé de dire que l’extension des heures d’ouverture des magasins ne concernait que 24 shops. «Nous prenons également au mot le conseiller fédéral Schneider-Ammann qui, lors de l’émission Arena (TV alémanique), a publiquement assuré à plusieurs reprises qu’il n’était ›pas question de toucher au principe de l’interdiction du travail de nuit et du dimanche’. Nous exigeons à présent que seuls les 24 shops en question puissent bénéficier de l’assouplissement de la loi sur le travail», écrit l’Alliance pour le dimanche.
Si le mouvement pour préserver le dimanche accepte le verdict des urnes, il ne relève pas moins qu’il s’agit d’une «péjoration de la loi sur le travail». Il relève que compte tenu de l’importance du camp du non et du profond malaise ressenti par la population, «toute nouvelle libéralisation des heures d’ouverture des commerces est absolument exclue à nos yeux». En particulier, exige l’Alliance pour le dimanche, «la motion Abate (du nom du conseiller aux Etats libéral-radical tessinois Fabio Abate, ndlr) qui aboutirait à une généralisation du travail dominical doit être classée. «Il serait inacceptable de procéder par voie d’ordonnance à une extension massive du travail du dimanche, scénario que laisse prévoir cette motion».
Les organisations formant l’Alliance pour le dimanche promettent de combattre toute nouvelle extension des heures d’ouverture des commerces. Cette vaste alliance formée des syndicats, des Eglises et d’organisations féminines, de partis politiques, d’organisations de prévention des dépendances ainsi que des médecins du travail continuera à s’engager pour préserver des moments de repos consacrés à la vie sociale et associative. (apic/com/kipa/be)
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