La Suisse, le pays qui renvoie le plus de réfugiés
Berne, 10 octobre 2013 (Apic) «La Suisse est, de loin, le pays qui renvoie le plus de réfugiés en Italie», affirme l’Organisation suisse d’aide aux réfugiés (OSAR) dans un communiqué du 10 octobre 2013. Début juin, une délégation de l’OSAR s’est rendue dans la Péninsule pour se faire une idée de la situation des personnes déboutées. Elles n’ont souvent aucune chance de trouver un toit sûr, une aide sociale, ou une quelconque assistance.
Huit transferts sur dix selon la procédure Dublin proviennent de Suisse, avertit l’OSAR. Cette procédure prévoit que les requérants d’asile doivent être transférés vers le premier pays par lequel ils sont arrivés en Europe.
Les personnes pouvant prétendre à une protection qui doivent retourner en Italie n’y obtiennent aucun soutien et finissent dans la rue ou dans des maisons abandonnées, dans la criminalité ou la prostitution, indique l’organisation humanitaire. Le terme de «personnes pouvant prétendre à une protection» désigne celles auxquelles le statut de réfugié ou un droit de rester pour des raisons humanitaires a été accordé.
Une délégation de l’OSAR s’est rendue à Rome et Milan du 27 mai au 7 juin 2013. Elle a mené des entretiens approfondis avec des ONG, des représentants des autorités et des réfugiés afin de clarifier la situation actuelle de l’accueil sur place.
Sur un total de 3’551 personnes de tous les Etats Dublin ayant dû repartir en Italie, près de 3’000 venaient de la Suisse. Près de 64’000 réfugiés statutaires vivent déjà en Italie, l’une des principales portes d’entrée de l’Europe. Selon l’organisation suisse, le nombre de places d’accueil pour ces personnes est insignifiant.
Les requérants d’asile sont eux aussi fortement concernés par l’absence de moyens d’hébergement et les obstacles pour accéder à la procédure. L’OSAR prévient que «ce n’est qu’une question de temps avant qu’ils ne reviennent en Suisse».
L’accès à la procédure d’asile laisse toujours à désirer, selon Seraina Nufer, juriste de l’OSAR. A Milan et à Rome, une attestation de domicile est systématiquement exigée pour pouvoir introduire une demande d’asile. Dans les deux villes, l’enregistrement formel de la demande peut prendre plusieurs mois. Pendant cette période, aucun hébergement n’est proposé aux personnes concernées, qui se retrouvent bien souvent sans abri.
Par les défauts de sa procédure d’accueil, l’Italie enfreint ses engagements internationaux, affirme l’OSAR. C’est pourquoi, dans le cadre de la procédure Dublin, tout Etat membre renvoyant des réfugiés devrait, dans chaque cas, obtenir des clarifications.
Les Etats de l’Union Européenne et la Suisse doivent faire preuve de solidarité avec des pays tels que l’Italie, qui doivent gérer un nombre disproportionné de réfugiés, exige l’OSAR. Si la politique européenne de cloisonnement continue, il ne restera plus aux réfugiés que la voie dangereuse de la mer. La honte de Lampedusa, fustigée par le pape, serait ainsi pérennisée», assène l’organisation d’aide aux réfugiés. (apic/com/rz)
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