Une affaire comme celle de Limbourg est «inconcevable» dans notre pays

Lucerne: Le théologien Edmund Arens relève la modestie des évêques en Suisse

Lucerne, 18 octobre 2013 (Apic) Une «affaire Limbourg» est «inconcevable» dans le contexte des rapports actuels entre les évêques et les corporations ecclésiastiques en Suisse. C’est ce qu’affirme le professeur de théologie Edmund Arens dans une interview à «Radio Central» à Lucerne. Il relève également le train de vie modeste des évêques suisses en comparaison avec leurs confrères en Allemagne.

Edmund Arens, professeur de théologie fondamentale à l’Université de Lucerne, a vécu durant 18 ans dans le diocèse de Limbourg, où les dépenses excessives de Mgr Franz-Peter Tebartz-van Elst créent actuellement des remous jusqu’au Vatican. L’évêque de Limbourg, âgé de 53 ans, a fait construire une résidence luxueuse, dont le coût a très fortement augmenté par rapport au budget. Il s’est fait de très nombreux ennemis durant ses 4 années d’épiscopat, y compris parmi les croyants bien intentionnés au départ, affirme Edmund Arens. Il est en train de détruire sciemment les structures synodales mises en place dans le diocèse de Limbourg.

Le théologien relève le contraste «frappant» entre Tebartz-van Elst et son prédécesseur Franz Kamphaus, à la tête du diocèse de Limbourg de 1982 à 2007. Alors que Mgr Kamphaus était «un évêque très modeste et engagé au niveau social» qui vivait dans un petit appartement deux pièces au séminaire, son successeur «jette l’argent par les fenêtres». Pour Edmund Arens, la politique du personnel du Saint-Siège est responsable de la situation actuelle. Mgr Kamphaus s’était confronté avec Jean Paul II dans le domaine du conseil aux femmes demandant une interruption de grossesse en Allemagne. Comme successeur de l’évêque ouvert aux réalités de la société, le Saint-Siège a nommé un prélat «strictement fidèle à Rome et rigoureusement conservateur».

«Il n’y a pas de princes-évêques en Suisse»

Edmund Arens décrit le train de vie des évêques en Suisse comme «extrêmement modeste». Il n’y a aucune comparaison possible avec l’Allemagne. «Nous n’avons pas de princes-évêques chez nous, mais des évêques avec très peu de moyens». Par exemple, alors que l’archevêché de Cologne compte plus de 1’000 collaborateurs et l’évêché de Münster plus de 500, l’ordinariat du plus grand diocèse de Suisse, celui de Bâle, s’appuie sur moins de 30 collaborateurs.

Le train de vie modeste des évêques suisses est dû au système ecclésiastique actuel, qui fait que «l’argent se trouve en bas, dans les paroisses, et va le moins possible vers le haut», souligne le professeur de théologie. Si un évêque veut un poste de secrétaire à mi-temps en plus, «il doit s’adresser à la Conférence centrale catholique romaine et lui faire la demande». Pour Edmund Arens, «ici, l’évêque est davantage un mendiant qu’un souverain». (apic/job/bb)

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