Un chrétien indien ne trouve pas de sépulture pour sa femme
Hong Kong, 22 octobre 2013 (Apic) A Hong Kong, trouver une dernière demeure pour ses défunts relève aujourd’hui du parcours du combattant. Sur un très petit territoire, où le prix des terrains est devenu inabordable, les cimetières sont de plus en plus saturés. Un Indien de confession chrétienne se bat depuis près de six mois pour avoir une place où déposer les cendres de sa femme, rapporte le 21 octobre 2013 le ‘South China Morning Post’.
A Hong Kong, la population opte de plus en plus souvent pour la crémation et le dépôt des cendres dans un columbarium, note l’agence d’informations des missions étrangères de Paris ‘Eglises d’Asie’. Auparavant rare, car opposée à la plupart des traditions religieuses présentes dans la cité, cette pratique concerne aujourd’hui 90% des cérémonies funéraires. Il existe actuellement une quarantaine de columbariums privés ainsi qu’une dizaine d’autres administrés par le département public de l’alimentation et de l’hygiène. Mais les emplacements sont si surchargés que l’attribution des niches se fait par tirage au sort à des périodes définies par le gouvernement. Le problème se complique encore si l’on est membre d’une minorité nationale ou religieuse.
Un Indien chrétien vient d’en faire la pénible expérience. Mariasusa Andrews n’avait pas compris le document l’informant des conditions du tirage au sort envoyé en juin par l’administration car rédigé uniquement en chinois.
Etant chrétien, il ne peut faire accepter les restes de sa femme dans le cimetière hindou utilisé par la majeure partie de la communauté indienne de Hong Kong. Mais il ne peut pas non plus obtenir de place dans les rares cimetières chrétiens, son Eglise n’étant pas reconnue par l’Etat. Quant aux cimetières gérés par l’administration publique, ils sont réservés en priorité aux défunts d’origine chinoise. Il n’a même pas, dit-il, la possibilité de faire rapatrier les cendres de sa femme en Inde, sa famille ayant quitté sa terre d’origine depuis de trop nombreuses années.
Les cimetières, qui sont en dehors du champ d’application des lois anti-discrimination, peuvent refuser des personnes selon des critères de race ou de religion. «Même dans la mort, il n’y a pas d’égalité des droits pour les minorités», déplore Annie Li, du groupe ‘Unison’, qui défend les droits des minorités à Hong Kong.
Depuis que l’affaire a été médiatisée, les autorités ont néanmoins promis que Mariasusa Andrews pourrait bénéficier d’un second tirage au sort. (apic/eda/mp)
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