Lausanne: La Déclaration de Berne dénonce les ravages de l’opacité des sociétés actives dans le négoce des matières premières
Lausanne, 22 octobre 2013 (Apic) La justice genevoise a auditionné le 18 octobre 2013 le milliardaire israélien Beny Steinmetz. Son groupe, Beny Steinmetz Group (BSG), dont le centre de décision se trouve à Genève, fait l’objet d’une enquête pour corruption en Guinée. Acquéreur en 2008 de la moitié du gisement de fer de la mine de Simandou, BSG a revendu quelques mois plus tard ses parts 15 fois plus chères. Dans un communiqué du 22 octobre 2013, la Déclaration de Berne (DB) dénonce les ravages de l’opacité de ces groupes qui réalisent des profits gigantesques sur le dos des pays pauvres.
Parlant de «cas d’école», la Déclaration de Berne en profite pour demander à ce que la Suisse applique le principe de transparence aux firmes actives dans le domaine des matières premières, les obligeant à publier leurs paiements aux gouvernements (licences, concessions, impôts, etc.). Ce principe de transparence est déjà effectif aux Etats-Unis et dans l’Union européenne.
Petit rappel des faits. En 2008, BSG, profitant des dernières heures de vie du dictateur Lansana Conté, a obtenu les droits d’exploitation de la moitié du gisement de fer de la mine guinéenne de Simandou. Contre un investissement de 165 millions de dollars, BSG a revendu dix-huit mois plus tard 51% de ses parts au brésilien Vale pour…2,5 milliards de dollars!
Alpha Condé, premier président démocratiquement élu de Guinée, a lancé en 2011 un examen des contrats miniers conclus par ses prédécesseurs. C’est ce processus qui a permis de découvrir ce que la presse a qualifié de «casse du siècle».
Début 2013, une enquête pénale a été ouverte aux Etats-Unis et dans cinq autres pays, dont la Suisse. A Genève, des perquisitions ont eu lieu fin août, notamment dans les bureaux d’Onyx Financial Advisors, une antenne de BSG qui constitue en fait son véritable centre de décision. C’est depuis ces locaux que Beny Steinmetz, résident genevois depuis 2005, administre BSG.
Pour la Déclaration de Berne (DB), la complexité de la structure du groupe et son opacité permettent au milliardaire israélien de diluer ses responsabilités juridiques et d’optimiser sa fiscalité. A lui seul, le cas présumé de corruption lors de l’attribution à BSG des droits d’exploitation de la moitié du gisement de fer de Simandou sollicite la justice de six pays, à savoir la Guinée, les Etats-Unis, la Suisse, le Royaume-Uni, la France et Guernesey.
Pour suivre le cours des flux financiers du groupe, il faut encore s’intéresser aux Îles Vierges britanniques, au Liechtenstein, aux Pays-Bas, à Chypre et à bien d’autres juridictions réputées pour leur fiscalité accommodante et les facilités qu’elles offrent pour dissimuler ayants droits économiques et activités.
Malgré des témoignages accablants et des documents saisis par le FBI, Beny Steinmetz a nié les accusations de corruption. Dans une interview publiée le 9 octobre par «l’Opinion», le diamantaire a accusé le président Condé de mener une «campagne de désinformation visant à salir sa réputation, celle de sa société et son nom». (apic/com/cw)
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