L’Eglise catholique s’interroge sur le divorce, le mariage gay et la contraception
Rome, 2 novembre 2013 (Apic) Un peu moins d’un an avant le Synode des évêques consacré aux défis de la pastorale familiale (5-19 octobre 2014), Rome a fait parvenir aux conférences épiscopales du monde entier un questionnaire préparatoire. Ce dernier fait une large part à la question des divorcés remariés ou des «mariages irréguliers», comme ceux entre personnes de même sexe, mais traite aussi de problématiques comme la contraception.
Diffusé de manière inhabituelle sur Internet par les évêques de Grande-Bretagne et des Etats-Unis, ce document préparatoire de 7 pages devrait permettre à Rome de rédiger l’Instrumentum laboris de l’assemblée d’octobre 2014. Il indique en particulier que cette assemblée extraordinaire sera une première étape visant à faire le point sur les questions en cours et à récolter les propositions des évêques. Dans un deuxième temps, une assemblée ordinaire du Synode aura lieu courant 201 5 pour définir des lignes opérationnelles en matière de pastorale familiale.
Puis, le document entre dans le vif du sujet et évoque les problématiques apparues ces dernières années comme la pratique croissante du concubinage, l’union entre personnes de même sexe et, dans certains cas, l’adoption d’enfants par ces couples. Il est aussi question des mariages mixtes ou interreligieux, des familles monoparentales, du phénomène croissant de la gestation pour autrui (GPA), ainsi que de l’affaiblissement ou de l’abandon total de la foi et du pouvoir de guérison de la confession.
Après un rappel de l’enseignement de l’Eglise sur la famille et le mariage, le document romain soumet 9 grandes questions divisées en 39 sous-questions. Plusieurs d’entre elles portent d’abord sur la diffusion et la réception de l’enseignement de l’Eglise en matière de pastorale familiale, sur le concept de «loi naturelle», ou encore sur l’attention pastorale à l’égard de la famille, et en particulier la préparation au mariage.
Les questions suivantes portent sur les situations matrimoniales difficiles que sont le concubinage, les divorces, les personnes divorcées remariées. Les évêques sont alors interrogés sur leur approche pastorale de ces situations, ou encore sur la souffrance des personnes divorcées remariées ne pouvant avoir accès aux sacrements. Sur ce dernier point, le document de Rome soumet une demande très précise : «un allègement de la pratique canonique pour reconnaître la déclaration de nullité du mariage offrirait-elle une contribution positive pour résoudre les problèmes de ces personnes ?»
Le questionnaire évoque aussi le mariage homosexuel, et la loi en vigueur dans chaque pays. «Quelle attention pastorale peut être offerte aux personnes ayant choisi de vivre ce type d’union ?», demande le document romain qui s’intéresse ensuite à l’éducation des enfants dans les mariages irréguliers, mais aussi à la réception de la doctrine de l’Eglise en matière de contraception.
Une dernière question très ouverte invite à soumettre à Rome d’autres défis ou propositions liés à ces sujets qui seraient urgents ou utiles et qu’il conviendrait de traiter lors du prochain synode.
Il ressort du document publié par les épiscopats anglo-saxons que le Synode des évêques convoqué en octobre 2014 par le pape François entend aborder frontalement certaines questions délicates afin d’y trouver des réponses pastorales.
La teneur de ce document préparé par le nouveau secrétaire général du Synode des évêques laisse penser, en outre, que le pape François n’est pas opposé à un certain allégement de la discipline de l’Eglise. Au regard de la position par exemple réaffirmée récemment par le préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi concernant les divorcés remariés, il n’est pas impossible que la posture du pape créé quelques remous au sein de la curie. (apic/imedia/ami/cw)
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