L’Eglise catholique est le dernier soutien des exilés papous
Port Moresby, 5 novembre 2013 (Apic) Le prêtre catholique Giorgio Licini, vient de rendre un rapport alarmant sur la situation des Papous réfugiés à la frontière occidentale de la Papouasie-Nouvelle Guinée (PNG), après avoir fui, au cours des 50 dernières années, la partie indonésienne de l’île de Nouvelle-Guinée. Le porte-parole des évêques de PNG avertit qu’il n’y a plus que l’Eglise catholique pour pourvoir à la santé et à l’éducation des réfugiés.
Le Père Licini est récemment venu visiter les camps de réfugiés d’East–Awin à la demande de Mgr Gilles Côté, évêque du diocèse catholique de Daru-Kiunga, dans la partie la plus occidentale de la PNG, à la frontière avec l’Indonésie, rapporte le 4 novembre 2013 Eglises d’Asie (EdA), l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris.
Missionnaire montfortain d’origine canadienne, Mgr Côté tente depuis de nombreuses années d’attirer l’attention de la communauté internationale sur le sort de ces populations oubliées. Ses services suivent les habitants des camps d’East-Awin depuis leur arrivée, il y a plus de 25 ans, mais aussi, celle, plus démunie encore, des camps non officiels, disséminés le long de la frontière entre les deux pays.
Le grand camp d’East-Awin a été ouvert par le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations Unies, en 1987. Il a été établi à une centaine de kilomètres de la frontière afin d’éviter les conflits avec le voisin indonésien. L’infrastructure avait pour but de régulariser la situation des quelque 12’000 réfugiés de Papouasie occidentale qui avaient traversé la frontière pour fuir les combats.
Il existe un mouvement séparatiste papou en Nouvelle-Guinée occidentale, entité qui se compose de deux provinces (la Papouasie et la Papouasie occidentale). Le mouvement est né avec le rattachement de ce territoire, auparavant néerlandais, à l’Indonésie en 1963. De nombreux Papous se sentent victimes de discrimination et considèrent les Indonésiens comme des envahisseurs. Le groupe armé «L’Organisation pour une Papouasie libre» mène en Papouasie occidentale une guerre de basse intensité contre le gouvernement indonésien depuis les années 1960. Un bilan de 2011 fait état de 100’000 déplacés et de 150’000 à 400’000 tués au cours de ces 50 ans de guerre.
Dans les douze camps-villages d’East-Awin vivent aujourd’hui environ 2’500 réfugiés, dont 1’200 enfants nés en PNG. Ils ne représentent qu’un tiers des Papous qui ont fui l’Indonésie. Les autres ont refusé d’intégrer les camps et vivent à la frontière, dans des baraquements de fortune, sans aucune aide du gouvernement. Leur nombre est régulièrement revu à la hausse, certaines ONG estimant aujourd’hui à plus de 10’000 les réfugiés non officiels sur le territoire de la Papouasie-Nouvelle Guinée.
Non seulement les populations papoues qui ont fui l’Indonésie sont privées du statut de réfugié mais elles ne peuvent pas non plus accéder à la citoyenneté, ce qui comprend également les personnes présentes sur le territoire depuis près de trente ans. (apic/eda/rz)
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