Ne pas légitimer les actes «génocidaires» du gouvernement

Sri Lanka: Un évêque catholique appelle au boycott du Sommet du Commonwealth à Colombo

Colombo, 9 novembre 2013 (Apic) Mgr Rayappu Joseph, évêque catholique de Mannar, au nord du Sri Lanka, a appelé le 8 novembre 2013 la communauté internationale à boycotter le sommet du Commonwealth, qui se tiendra à Colombo du 15 au 17 novembre. Il redoute que l’événement serve à renforcer la légitimité du gouvernement sri lankais, coupable selon lui d'»actes génocidaires».

«Ce sommet est utilisé pour renforcer la légitimité du gouvernement sri lankais comme membre ‘responsable’ de la communauté internationale», affirme Mgr Joseph, qui souligne la «continuation des actes génocidaires perpétrés contre le peuple tamoul». L’évêque, dont le diocèse est majoritairement peuplé de Tamouls estime que la tenue de ce sommet à Colombo contrevient, de plus, aux valeurs inscrites dans la Charte du Commonwealth.

L’appel au boycott fait suite à la publication d’un rapport, le 18 octobre dernier, de la Commission Justice et Paix du diocèse de Jaffna, également situé en région majoritairement tamoule, rapporte Eglises d’Asie (EdA), l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris. Le document détaille les très nombreuses atteintes aux droits de l’homme commises à l’encontre des Tamouls et dénonce la politique menée par Colombo dans ces régions.

Ces prises de position interviennent alors que le climat se tend à l’approche du sommet du Commonwealth à Colombo. Une délégation londonienne de l’IBAHRI (International Bar Association’s Human Rights Institute), qui devait prendre part à un colloque dans la capitale sri lankaise, s’est vue signifiée, le 6 novembre, l’annulation des visas de ses membres.

Tensions au sein du Commonwealth

Au sein des 53 membres du Commonwealth, l’organisation qui regroupe d’anciennes colonies ou protectorats de l’Empire britannique, les tensions sont fortes. Le 7 octobre, Stephen Harper, Premier ministre du Canada, a annoncé qu’il ne participerait pas au sommet de Colombo pour protester contre l’inaction des autorités locales face aux violations des droits de l’homme. Deux jours plus tard, le ministre sri lankais des Affaires étrangères jugeait «hors de propos» la déclaration canadienne et affirmait que le Commonwealth n’était pas un forum où pouvait se faire le procès des problèmes des autres. L’Inde, de son côté, hésite toujours à participer au sommet. Des personnalités comme Mgr Desmond Tutu ou des organisations comme Amnesty International font également campagne en faveur du boycott.

Discriminations anti-Tamouls

Depuis la fin de la guerre en 2009 et l’écrasement par les forces armées de Colombo des Tigres tamouls, les armes se sont effectivement tues dans l’île, marquant la fin d’un conflit armé de près de 30 ans, qui a fait environ 100’000 morts. Mais la défiance qui existe entre la minorité tamoule et les forces de sécurité gouvernementales ne s’est absolument pas amoindrie, affirme EdA. Au contraire, le refus du président Mahinda Rajapaksa de permettre des enquêtes indépendantes et crédibles sur les crimes de guerre commis durant le conflit ne fait qu’exacerber le ressentiment des populations tamoules du nord de l’île.

Plus encore, le harcèlement policier et les violations des droits de l’homme continuent, assure EdA. (apic/eda/rz)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/ne-pas-legitimer-les-actes-genocidaires-du-gouvernement/