La Commission Pastorale de la Terre dénonce un projet de loi rétrograde

Brésil: Les grands propriétaires terriens veulent redéfinir à la baisse la qualification du «travail esclave»

Brasilia, 8 novembre 2013 (Apic) La Commission Pastorale de la Terre (CPT) a récemment fermement condamné une manœuvre politique de la «Bancada Ruralista». Le groupe parlementaire proche des grands propriétaires terriens et des entreprises agro-industrielles tente, à travers un projet de loi, de redéfinir à la baisse la qualification du travail esclave, ignorant les textes actuellement en vigueur.

D’après la Commission Pastorale de la Terre (CPT) et les mouvements sociaux, le projet de loi présenté au Sénat représente un recul important, car il retire les notions de «conditions dégradantes» et de «violations de la dignité humaine» comme qualificatives du «travail esclave».

Approuvé en mai 2012 par la Chambre des Députés du Brésil, l’amendement de la Constitution sur le «travail esclave» prévoit notamment la désappropriation des exploitations rurales ou urbaines qui emploient des travailleurs dans des conditions semblables «au travail esclave». Ces propriétés sont en outre destinées à être redistribuées, dans le cadre de la réforme agraire ou de programmes de logement populaire.

Depuis 1995, plus de 44’000 personnes soumises à de telles conditions de travail ont recouvré leur liberté.

La Commission pastorale de la Terre (CPT) a été créée en 1975 pendant la dictature militaire, par l’aile progressiste de l’Eglise catholique brésilienne, inspirée de la théologie de la libération. Elle est un acteur politique fondamental pour le renforcement des organisations paysannes, la défense de la réforme agraire et la dénonciation des crimes pratiqués contre les travailleurs ruraux. (apic/jcg/rz)

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