Inde: Le leader nationaliste hindou Narendra Modi pourrait devenir Premier ministre

Certains le voient comme une menace pour la liberté religieuse

New Delhi, 19 novembre 2013 (Apic) Le Bharatiya Janata Party (BJP), le parti nationaliste hindou et principal parti d’opposition indien, a désigné le tenant de la ligne dure, Narendra Modi, comme candidat au poste de Premier ministre pour les élections générale de mai 2014. Pour certains observateurs comme Sajan George, président du « Global Council of Indian Christians (GCIC), l’élection de l’extrémiste hindou serait une menace pour la liberté religieuse.

Les dernières déclarations de Narendra Modi ont particulièrement alarmé Sajan George, a-t-il indiqué à l’agence d’information catholique AsiaNews. Le candidat du BJP a en effet affirmé, lors d’une visite le 17 novembre 2013, dans l’Etat méridional du Karnataka, que « les vagues de couleur safran s’étendant dans la région » étaient une vision enthousiasmante. Il faisait référence aux militants de la « Hindutva », l’idéologie hindoue fondamentaliste, dont la couleur symbole est le jaune safran.

Au Karnataka, les tenants de cette idéologie sont connus pour agresser de façon régulière les membres des minorités ethniques. L’Etat connaît depuis plusieurs années une résurgence de l’extrémisme hindou, même si le BJP y a perdu le pouvoir le 5 mai dernier au profit du parti du Congrès, la formation politique de l’actuel Premier ministre, Manmohan Singh. Mécontent de leur défaite, les hindouistes ont augmenté, en représailles, leurs attaques contre les minorités ethniques.

Accusé d’avoir provoqué les violences anti-musulmanes de 2002

Narendra Modi est en outre un ancien militant du « Rashtriya Sawayamsevak Sangh » (RSS), l’une des organisations hindoues les plus actives, radicales et violentes.

Le BJP, connu pour son soutien aux groupes tels que le RSS, milite pour un Etat « 100% hindou ». Un sondage réalisé en octobre dernier donne sa coalition en tête, avec de 187 à 195 sièges potentiels au Lok Sabha, le Parlement indien. La coalition de son principal adversaire, le Parti du Congrès (INC), est créditée de 134 à 142 sièges.

Modi est relativement populaire dans la société indienne, notamment pour avoir fait du Gujarat, l’Etat qu’il gouverne depuis 2001, l’un des plus riches du pays. Il est néanmoins critiqué, également au sein de son parti, pour le rôle ambigu qu’il a joué dans les violences entre musulmans et hindous qui ont ensanglanté l’Etat du Gujarat en 2002. Des pogroms anti-musulmans avaient fait près de 2’000 victimes. Narendra Modi est accusé par certains d’avoir provoqué les violences et de n’avoir rien fait pour les arrêter. (apic/asian/rz)

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