Les déclarations du vice-Premier ministre turc Bülent Arinç provoquent la stupéfaction
Istanbul, 21 novembre 2013 (Apic) Les islamistes turcs relancent l’idée de transformer en mosquée le musée de Sainte-Sophie, qui appartient au patrimoine mondial de l’UNESCO, provoquant la stupéfaction de la Grèce et des milieux chrétiens dans le monde. «Les déclarations récurrentes faites par les hauts dirigeants turcs à propos de la reconversion des églises chrétiennes byzantines blessent les sentiments religieux de millions de chrétiens», a indiqué le ministère grec des Affaires étrangères dans un communiqué publié le 20 novembre 2013.
«La mosquée Sainte-Sophie sourira bientôt à nouveau», a affirmé le 16 novembre à Istanbul, le vice-premier ministre turc Bülent Arinç. Il a soutenu qu’un lieu de culte ne peut pas servir à une autre fonction que celle initiale, oubliant sciemment qu’avant d’être une mosquée, Hagia Sophia (la «sainte sagesse», en turc Ayasofya) était une église chrétienne.
Chef d’œuvre architectural, cette église chrétienne érigée sous l’empereur Justinien au VIe siècle, est l’ancien siège du patriarche orthodoxe de Constantinople. Elle est devenue une mosquée après la prise de la ville par les turcs Ottomans en 1453. Depuis 1935, sous le régime laïc de Kemal Atatürk, elle a cessé d’être un lieu de culte pour devenir un musée. La volonté du pouvoir actuel à Ankara de réaffecter Sainte-Sophie en mosquée est perçue par la Grèce comme «une atteinte aux sentiments des chrétiens».
Cette église chrétienne érigée par l’empereur Justinien au VIe siècle, ancien siège du patriarche orthodoxe de Constantinople, est devenue une mosquée après la prise de la ville par les Ottomans en 1453.
Le vice-Premier ministre turc a fait ses déclarations à l’occasion de l’inauguration d’un musée de tapis faisant partie des œuvres conservées à Ayasofya, musée qui a été récemment restauré par la Direction générale turque des Fondations.
Le responsable politique turc a affirmé que l’antique lieu de culte semblait aujourd’hui «triste» alors qu’il serait d’ici peu de nouveau «joyeux» en accueillant à nouveau les prières des croyants musulmans. Bülent Arinç ne constitue pas une figure marginale au sein de l’actuelle scène politique turque, note l’agence d’information vaticane Fides.
Ces mois derniers, il s’est mis en évidence comme interlocuteur des groupes qui ont animé les manifestations populaires déclenchées par l’affaire de Gezi Park. «Arinç – explique à Fides Emre Oktem, professeur de droit international à l’Université Galatasaray – est un islamiste convaincu, traditionnel et populaire. Il est lié au mouvement de Fethullah Gülen, penseur résident aux Etats-Unis, qui soutient une vision de l’islam non extrémiste». Rappelons que deux églises-musées à Trabzon, sur les rives de la mer Noire, et à Iznik, dans l’ouest du pays, ont été enregistrées comme mosquées ces derniers mois. Tout en déclarant sa volonté de devenir membre de l’Union européenne, le «Parti pour la justice et le développement» ou AKP (Adalet ve Kalkınma Partisi), au pouvoir en Turquie depuis 2002, cherche à imposer sa vision de l’islam à l’ensemble de la société turque. (apic/fides/be)
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