Rome: Le fondateur de «La Repubblica» revient sur les coulisses de son interview polémique avec le pape
Rome, 22 novembre 2013 (Apic) Après la polémique suscitée par son interview du pape François, le fondateur du quotidien italien «La Repubblica» a reconnu que certaines phrases entre guillemets avaient été inventées. Selon lui, elles sont toutefois fidèles à ce qu’avait voulu dire le pontife. Devant quelques journalistes de la presse étrangère réunis à Rome, le 21 novembre 2013, Eugenio Scalfari a souligné que le pape avait donné son feu vert pour la publication après relecture à deux reprises, par le biais de son secrétaire particulier.
Eugenio Scalfari a raconté que, suite à sa rencontre d’1h20 avec le pape, après avoir mis en forme la «reconstruction» de leur entretien, il lui avait adressé un courrier demandant relecture pour validation. Au moment de leur échange, le pontife avait accepté qu’il lui envoie le texte, après avoir assuré dans un premier temps qu’il s’agissait à ses yeux de «temps perdu». «Je vous fais confiance», lui aurait-il affirmé.
«Considérez que je n’ai pas inclus certaines choses que vous avez dites, et je vous en fais dire d’autres entre guillemets», expliquait ainsi le fondateur de presse dans une note jointe au document. Et de poursuivre: «Vous n’avez pas prononcé ces mots, mais je les ai inclus car j’ai considéré qu’en vous faisant dire certaines choses, le lecteur pourrait mieux comprendre qui vous êtes. Lisez donc bien cette reconstruction». Trois jours plus tard, a ensuite confié Eugenio Scalfari, Mgr Alfred Xuereb, secrétaire particulier du pape, l’avait appelé pour donner son feu vert. Le journaliste avait alors demandé une nouvelle confirmation, qui lui avait été donnée quelques heures plus tard.
L’interview du pape par cette figure intellectuelle de la gauche italienne, publiée le 1er octobre dernier, avait soulevé des doutes concernant la fiabilité de certaines phrases, notamment sur la conscience. Le pape affirmait ainsi qu’il suffisait à un non-croyant d’agir selon sa conscience du bien et du mal. «C’est ce qu’il a dit», a cependant souligné le fondateur de «La Repubblica» à la presse étrangère. La méthodologie journalistique d’Eugenio Scalfari, qui n’inclut ni enregistrement ni retranscription écrite à proprement parler, mais une simple prise de notes non exhaustive, avait mis le Saint-Siège dans l’embarras. Quelques semaines après la publication, l’interview a d’ailleurs été retirée du site Internet du Vatican, afin de lui rendre sa «nature» journalistique, et non magistérielle. C’est ce qu’avait précisé le Père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège.
Eugenio Scalfari a également donné lecture d’une lettre signée par le pape François en date du 23 octobre, dans laquelle ce dernier se montre désireux de poursuivre leurs échanges, si la «providence lui accorde un moment de libre». Lors de la visite du pontife au Quirinal, siège de la présidence de la République italienne, le 14 novembre dernier, les deux hommes s’étaient croisés et avaient échangé quelques mots, ne cachant pas leur évidente sympathie réciproque. (apic/imedia/mm/cw)
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