La délocalisation des essais cliniques s’accompagne de graves violations éthiques, dénonce la Déclaration de Berne
Berne, 22 novembre 2013 (Apic) Il faut davantage que des vœux politiques pour mettre fin à l’exploitation, par les compagnies pharmaceutiques, de cobayes humains dans les pays en développement. Tel est le message d’une pétition lancée par la Déclaration de Berne (DB) à l’adresse du conseiller fédéral Alain Berset, en charge du Département fédéral de l’Intérieur (DFI). Signée par plus de 13’000 personnes, elle demande un renforcement des contrôles pour les essais cliniques délocalisés. A l’occasion du dépôt des paraphes le 22 novembre 2013 à Berne, des ballons à l’effigie du ministre de la Santé ont été lâchés sur la Place fédérale.
« Pour des raisons stratégiques ou par souci de rentabilité, les pharmas – parmi lesquelles les suisses Roche, Novartis et Actelion – mènent de plus en plus leurs tests de médicaments dans les pays en développement. Cette délocalisation des essais cliniques, très opaque, s’accompagne de graves violations éthiques » explique la Déclaration de Berne dans un communiqué. La DB affirme avoir documenté ces abus et demande au conseiller fédéral Alain Berset d’agir auprès de Swissmedic, l’autorité en charge de délivrer les homologations de médicaments en Suisse, pour mettre un terme à ce scandale. Quelque 13’000 signatures ont été déposées en ce sens au Département fédéral de l’intérieur (DFI) à Berne.
La campagne de l’ONG d’aide au développement, lancée en septembre dernier, a permis de mettre en lumière les conditions problématiques dans lesquelles les tests de médicaments sont menés et d’inscrire la question de la mondialisation des essais cliniques à l’agenda politique suisse. Des instances et des experts en éthique – comme la Commission cantonale d’éthique de Zurich – reconnaissent le problème et se prononcent en faveur d’un renforcement des mesures, selon la DB.
« Pour que des médicaments testés dans des conditions éthiques douteuses ne soient pas commercialisés en Suisse, davantage de contrôles et de transparence sont nécessaires au niveau de nos autorités. En tant que responsable politique de Swissmedic, Alain Berset peut agir pour des essais cliniques éthiques, en inscrivant des contrôles plus sévères dans le mandat de prestations du « gendarme du médicament », sur la base par exemple des développements en cours au sein de l’Union européenne », poursuit le texte de la Déclaration de Berne.
Le Conseil fédéral a entamé des discussions avec les autorités concernées, comme annoncé il y a peu par le chef du DFI dans sa réponse à une question du Parlement. Une prise de position plus circonstanciée sur une interpellation du Conseil national devrait suivre lors de la session d’hiver du Parlement, qui débutera lundi 25 novembre 2013. « On saura alors si de nouvelles dispositions concernant des contrôles plus stricts et transparents au niveau de Swissmedic sont prévues » note la DB.
« D’ici-là, les compagnies pharmaceutiques, suisses comprises, continueront d’enfreindre les règles éthiques, en toute impunité: irrégularités dans l’obtention du consentement éclairé, usage abusif de placebo, arrêt du traitement à la fin de l’essai clinique ou encore absence d’engagement à fournir des compensations en cas d’effets secondaires graves. Swissmedic doit évaluer le respect des standards internationaux de manière plus sévère et conséquente », martèle l’ONG. (apic/com/cw)
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