«Il ne sert à rien à l’Eglise de cacher des choses»

Rome: Le Vatican a besoin d’un ministère des finances, affirme l’un des cardinaux conseillers du pape

Rome, 22 novembre 2013 (Apic) Alors que la réforme de la curie romaine, et notamment de ses institutions financières, est en cours, le cardinal Oscar Andrés Rodriguez Maradiaga, archevêque de Tegucigalpa, au Honduras, et membre du Conseil des huit cardinaux chargé d’aider le pape dans le gouvernement de l’Eglise, a assuré que le Vatican avait besoin d’un ministère des finances. Dans une interview publiée par «La Repubblica» le 22 novembre 2013, le haut prélat a aussi évoqué la devise nationale française, soulignant que la «fraternité» était la grande absente de la mondialisation.

«Le Vatican a besoin d’une banque centrale, c’est évident», a reconnu le cardinal Maradiaga au sujet de l’Institut pour les œuvres de religion (IOR), alors que de nombreuses rumeurs laissaient croire à une prochaine fermeture de cette institution très contestée, au cœur de nombreuses affaires ces dernières années. «Mais aux côtés de l’IOR, je crois qu’il faudrait un ministère des finances, qui travaille sous le signe de la compétence et de la transparence». «Ce n’est plus le temps des soupçons, il ne sert à rien à l’Eglise de cacher des choses», a-t-il insisté.

Le cardinal Maradiaga a souhaité, sans «scandaliser personne», que cessent les «idéologies» qui traversent l’Eglise. «Il y a l’Eglise de droite et celle de gauche, a-t-il déploré, celle traditionnaliste et celle progressiste». «Mais le cœur n’a pas ces limites, a poursuivi le haut prélat, c’est ce que le pape essaie de communiquer à chacun».

Pas de femme ›cardinal’

Après sa première réunion, au début du mois d’octobre, le Conseil des huit cardinaux doit se réunir une nouvelle fois début décembre, au Vatican. «Nous sommes en train de recueillir des suggestions sur les différents dicastères de la curie romaine, a-t-il expliqué, et quand nous aurons tout organisé, nous présenterons nos recommandations au pape». «Il y a des ›ministères’ à regrouper», a encore précisé le cardinal Maradiaga, avant d’évoquer la possibilité de transformer le Conseil pontifical des laïcs en congrégation. En revanche, il estime que, s’il faut valoriser le rôle des femmes, ce n’est pas pour autant qu’une femme pourra un jour devenir cardinal.

De façon assez inhabituelle, le cardinal Maradiaga a également développé son interprétation de la devise de la République française, «Liberté, Egalité, Fraternité». Dénonçant l’injustice sociale, il a ainsi critiqué l’évolution de ces principes, issus de la Révolution française de 1789, une rhétorique d’ordinaire peu employée par les membres de l’Eglise.

«Après la Révolution française, a-t-il ainsi dénoncé, deux systèmes se sont développés : celui de l’égalité sans la liberté, et celui de la liberté sans égalité». «En revanche, personne ne s’est jamais occupé de la fraternité», a-t-il déploré. Et d’insister : «La fraternité doit être un nouveau ›principe non négociable’ à défendre sans cesse». Aujourd’hui, dans l’Eglise, les principes non négociables font référence aux domaines de la vie – avortement, euthanasie – et de la famille, et notamment la défense de la cellule basée sur le couple homme-femme. (apic/imedia/mm/cw)

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