Genève: Désavouée par Mgr Farine, la COTMEC pourrait renaître au niveau diocésain

Un organisme qui lutte pour la justice internationale depuis 45 ans

Genève, 26 novembre 2013 (Apic) La Commission tiers monde de l’Eglise catholique à Genève (COTMEC) dont le mandat a été supprimé pour la fin de l’année pourrait ressusciter au niveau diocésain, indique « Le Courrier » du 26 novembre 2013. Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, semble avoir entendu les doléances des nombreux Genevois très attachés à cet organe qui fête ses 45 ans.

Pour Dominique Froidevaux, membre fondateur de la COTMEC et directeur de Caritas Genève, « c’est une excellente nouvelle ». En juin dernier en effet, l’Eglise catholique genevoise (ECR), malgré les promesses formelles de l’évêque auxiliaire Mgr Pierre Farine, mettait abruptement fin au mandat pastoral de la COTMEC. Depuis 45 ans, cette commission est chargée de sensibiliser l’Eglise et la société aux enjeux de la justice entre le Nord et le Sud. Avec ses prises de positions sur le secret bancaire, le négoce international, la migration, la crise écologique, elle n’a pas manqué de susciter les récriminations de certains genevois.

Choquée tant par la manière que par le fond de cette décision, la COTMEC en a appelé à l’arbitrage de l’évêque du diocèse, Mgr Charles Morerod. Celui-ci vient de lui proposer de devenir romande. « Nous étions confiants » a expliqué au ‘Courrier’ Dominique Froidevaux, car Mgr Morerod nous avait réservé un accueil très attentif. » La mobilisation a été importante, et les lettres de réclamation ont afflué à l’évêché.

Une dimension romande à concrétiser

La dimension romande du travail de sensibilisation et de témoignage, d’ailleurs envisagée dès les débuts de la COTMEC il y a 45 ans, pourrait ainsi se concrétiser. « Cette solution a d’autant plus de sens que plus de la moitié du lectorat de notre bulletin d’information n’est pas genevois mais romand », souligne Hélène Bourban, permanente de la commission.

Le bulletin jaune Cotmec-Info relaie une fois par mois les voix de la société civile du Sud mais aussi les enjeux au Nord. « Nous espérons pouvoir poursuivre notre travail sans rupture et reconstituer un poste à temps plein. Mais les questions de locaux et de budget doivent encore être précisées. » C’est en effet au 31 décembre que le poste d’Hélène Bourban prend fin, en même temps que le mandat pastoral de la commission.

En juin dernier, tout en relevant que le souci de la justice internationale portée par la COTMEC faisait bien partie de la responsabilité et des tâches de l’Eglise, Mgr Farine avait indiqué à l’Apic, pour justifier la décision de l’ECR, que d’autres organes tant au niveau local que suisse ou internationale y travaillaient.

De son côté, la COTMEC avait exclu la possibilité de poursuivre son travail sur une base uniquement laïque. « Nous serions prêts à devenir une association, mais dotée d’un mandat de l’Eglise », notait son président. « Notre identité est religieuse. La Parole à laquelle nous nous référons doit être mise en œuvre par les chrétiens. » Le mandat pourrait ainsi être rattaché directement au diocèse.

L’évêché de Fribourg a refusé de communiquer avant la fin du processus. Sa porte-parole, Laure-Christine Grandjean, a souligné cependant pour ‘Le Courrier’ que « les échanges se poursuivent de manière très positive. » (apic/cr/mp)

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