Sénégal: Le gouvernement veut organiser des concours de récitation du Coran

Parlementaires inquiets pour l’avenir de la laïcité du pays

Dakar, 30 novembre 2013 (Apic) Abdoulaye Daouda Diallo, ministre sénégalais de l’Intérieur, en charge des cultes, a annoncé le 29 novembre à l’Assemblée nationale que son gouvernement envisage d’organiser des concours de récitation du Coran, dotés d’un grand prix du chef de l’Etat. Des parlementaires ont affirmé que ce projet violerait la laïcité de l’Etat, et qu’il faudra en faire de même pour la Bible et la Thora.

Cité par l’Agence de presse sénégalaise (APS), Abdoulaye Daouda Diallo a ajouté que la proposition relative à l’instauration du grand prix du chef de l’Etat pour la récitation du Coran, se fera sous l’égide de la Fédération des maîtres coraniques du Sénégal. Pour des parlementaires favorables à l’idée, cette initiative pourrait trouver un heureux prolongement dans le cadre d’un concours organisé à l’échelle sous-régionale.

Samba Diouldé Thiam, député du parti au pouvoir, s’est déclaré opposé à l’institution d’un tel prix. «Si on le fait, on va devoir le faire pour la Bible, la Thora et d’autres. C’est vraiment ouvrir la boite de Pandore», a-t-il prévenu.

Des signes d’islamisation dans le pays

L’annonce d’un prix du président de la république pour la récitation du Coran, par le ministre de l’Intérieur intervient à un moment où apparaissent des signes d’islamisation plus poussée de l’Etat du Sénégal, créant une inquiétude dans certaines couches de la population. Un des signes précurseurs est la multiplication des rencontres internationales sans précédent d’organisations islamiques qui se sont succédé ces derniers jours à Dakar.

Le 28 novembre, lors d’une cérémonie le président Macky Sall a annoncé que les maîtres coraniques seront bientôt versés dans la fonction publique. Il a fait état de la construction, d’ici fin 2018, de près de 64 Daarras modernes (écoles d’enseignement islamique) à travers le pays. Officiellement, ce projet vise à lutter contre la mendicité des enfants talibés (apprenant le Coran) dans les rues de Dakar.

Sur les sites sénégalais d’information en ligne, de nombreux internautes dénoncent le projet du chef de l’Etat, notant qu’il constituerait «une entorse à la laïcité», et ferait «progresser une islamisation de la vie politique, sociale et privée du pays, hier encore tolérant, pieux, mais pleine de vie et d’espoir dans son avenir sur terre». (apic/ibc/bb)

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