La province de l’Alberta à contre-courant de la Charte des valeurs québécoises
Edmonton, 2 décembre 2013 (Apic) Alors que le Québec s’apprête à interdire le voile islamique pour les fonctionnaires, des femmes agents de police voilées feront bientôt leur apparition dans les rues d’Edmonton, capitale de la province de l’Alberta, dans l’ouest du Canada.
Le Service de police de la Ville d’Edmonton (SPE) vient en effet d’annoncer qu’il allait intégrer le hijab aux options vestimentaires pour ses policières. Il espère ainsi inciter plus de femmes musulmanes à rejoindre ses rangs, rapportent les médias canadiens. Le SPE veut s’assurer que le modèle de hijab qui sera retenu ne nuira ni à la visibilité ni à la sécurité des agentes de police. Il devra également pouvoir s’enlever rapidement. Pour l’instant, la police d’Edmonton le développe dans l’optique de le porter sous la casquette officielle.
La police a consulté les communautés culturelles, dont la communauté musulmane, à ce propos. Si la communauté musulmane se réjouit d’une telle nouveauté, elle souhaite qu’elle s’accompagne d’explications adéquates sur les raisons de cette décision afin de ne pas provoquer de réactions islamophobes. Le journal «Edmonton Sun» écrit que le hijab officiel pourrait être prêt à porter dès la première moitié de l’année 2014.
Ihsaan Gardee, directeur exécutif du Conseil national des musulmans canadiens, estime qu’il s’agit d’une évolution naturelle pour les forces policières au Canada puisque le nombre de musulmans ne cesse d’augmenter dans le pays. La communauté musulmane d’Edmonton est parmi les plus anciennes du Canada. La mosquée Al-Rashid, construite en 1938, est la première à avoir été édifiée dans ce pays. A l’heure actuelle, selon le site internet de la mosquée Al-Rashid (alrashidmosque.ca), la communauté musulmane d’Edmonton compte plus de 30’000 membres, de 62 groupes ethniques.
Notons que le turban sikh peut déjà être porté par des policiers depuis l’année 1990. A cette époque, Baltej Singh Dhillon, un officier de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), avait obtenu le droit de porter le turban sikh alors qu’il était en uniforme. Les agents des Services frontaliers canadiens ont également le droit de porter le hijab. A Toronto, le hijab est permis depuis 2011. La police d’Hamilton étudie actuellement la possibilité de permettre le port d’un tel voile, mais aussi du turban et du kirpan (un poignard recourbé) pour les sikhs. Au Québec, par contre, le projet de loi 60 sur la Charte des valeurs québécoises prévoit l’interdiction de porter tout signe religieux ostentatoire pour les employés de l’Etat, dont les officiers de police. (apic/rvm/be)
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