Sénégal: L’Eglise catholique sert d'intermédiaire entre les rebelles de la Casamance et le gouvernement

Les rebelles demandent des vivres et des médicaments en échange de l’arrêt des exactions sur les civils

Dakar, 5 décembre 2013 (Apic) Le cardinal Théodore Adrien Sarr, archevêque de Dakar, au Sénégal, a appelé le gouvernement sénégalais à offrir des «vivres et médicaments» aux rebelles de la Casamance qui vivent retranchés dans la forêt. En contrepartie, ils arrêteront les exactions et braquages des populations civiles. Selon le quotidien sénégalais «En Quête», le cardinal Sarr a été chargé par des rebelles du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) qui luttent depuis décembre 1982 pour l’indépendance de la région sud du pays, de transmettre cette demande aux dirigeants du pays.

Lors d’un point de presse, en marge d’une Conférence épiscopale interterritoriale du Sénégal, de la Mauritanie, du Cap- Vert, et de la Guinée Bissau, tenue du 26 novembre au 3 décembre 2013 à Ziguinchor, chef lieu de la Casamance, il a souligné la disponibilité de l’Eglise catholique, à servir de relais entre le gouvernement et le MFDC, afin de renouer le contact et le dialogue.

«La condition d’une reprise du dialogue, surtout de la fin des attaques et exactions contre les civils par des éléments armés du MFDC, c’est la prise en charge par l’Etat, de l’intendance et de la logistique des hommes qui sont dans le maquis», a souligné le cardinal Sarr. Il a ajouté que ceux qui sont dans la forêt, quand ils manquent de moyens de subsistance, peuvent être tentés d’utiliser leurs armes contre les voyageurs et contre les villages.

En attente

«Les rebelles demandent qu’on les aide concernant les vivres et les médicaments, attendent que le dialogue se poursuive. Mais, malheureusement, leur demande n’a pas trouvé satisfaction auprès du pouvoir, parce qu’elle est assez complexe», a poursuivi le chef de l’Eglise du Sénégal. Il a indiqué que cette démarche a déjà été menée, dans le passé, aussi bien auprès du président Abdou Diouf, puis de son successeur, le président Abdoulaye Wade, et aujourd’hui du président Macky Sall. «Le gouvernement du Sénégal ne dit pas un non catégorique», a-t-il souligné.

«Est-ce que ces vivres et médicaments iront à qui de droit et comment le faire? Comment repérer les personnes à qui c’est destiné et comment les faire parvenir?», s’est-il toutefois interrogé, avant d’ajouter «si la demande est satisfaite, nous (l’Eglise catholique) pourrons faire en sorte qu’elle parvienne aux maquisards». «Nous sommes encore dans l’attente que cette demande soit satisfaite et que les populations soient davantage rassurées, qu’on ne viendra pas leur faire subir des braquages par-ci par-là», a-t-il encore dit.

César Atoute Badiate, l’un des responsables du MFDC, a sollicité la médiation de l’archevêque de Dakar et de l’imam de Bignona, El Hadji Fansou Bodian, en vue du règlement de la crise politique.

Contacts avec Sant’Egidio

Mgr Sarr déclare avoir eu des contacts avec la communauté de Sant’Egidio, basée en Italie, qui a entrepris une médiation dans ce conflit, en cherchant à arrondir les angles entre l’Etat et Salif Sadio, l’un des chefs de l’aile dure du MFDC.

«Nous en sommes à un stade où Sant’Egidio travaille avec Salif Sadio, et nous avec César Atoute Badiate», a précisé le cardinal Sarr, tout en faisant observer qu’il espère que progressivement, «une jonction pourra se faire, pour que le dialogue débouche effectivement sur des négociations qui permettraient d’en finir avec ce conflit». (apic/enquete/aps/ibc/cw)

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