Biélorussie: Le Père Vladislav Lazar, accusé d'espionnage, attend son jugement

Il vient d’être libéré des prisons du KGB biélorusse

Minsk, 6 décembre 2013 (Apic) Accusé d’espionnage et libéré sous conditions des prisons du KGB biélorusse à Minsk, le Père Vladislav Lazar attend son procès «pour haute trahison». Curé de la paroisse du Saint-Esprit à Borisov, au centre de la Biélorussie, ce prêtre âgé de 46 ans se trouvait aux mains du KGB de la République du Bélarus depuis juin dernier. La nouvelle a été donnée cette semaine par la nonciature apostolique à Minsk, la capitale.

La nonciature apostolique au Bélarus a été informée par les agences de sécurité du pays «qu’il n’y a plus de raisons de continuer à garder le prêtre Vladislav Lazar au centre de détention du KGB» (Comité de la sécurité d’Etat, ndlr), rapporte l’agence de presse russe Interfax.

«Il a été décidé que durant l’enquête, qui est toujours en cours, le prêtre pourrait résider dans une endroit en permanence, ayant la liberté de mouvement et d’action en respectant certaines règles, avec l’obligation de se faire enregistrer quotidiennement par la police locale».

Le nonce est allé chercher le prisonnier au centre de détention

Le nonce apostolique a été sollicité afin d’aller chercher l’abbé Lazar au centre de détention du KGB biélorusse. Le prêtre est accusé d’avoir remis de l’argent et du matériel de valeur à un homme accusé d’espionnage pour un autre Etat, selon des sources de l’Eglise locale.

Fin juillet, l’Eglise catholique de Biélorussie avait confirmé la détention du Père Vladislav Lazar, mais n’avait pas voulu s’exprimer sur les raisons de cette arrestation. Le président du Bélarus Alexandre Loukachenko a déclaré le 26 juillet dernier qu’il s’agissait d’une affaire d’espionnage. Il a accusé un employé des services spéciaux du Bélarus d’avoir agi «comme traître» en menant des activités d’espionnage au profit de puissances étrangères et en ayant des rapports avec elles par le biais de «représentants de l’Eglise catholique romaine».

Le prêtre avait disparu le 1er juin dernier après avoir visité des parents dans la maison familiale de la localité de Konyukhi, près de la ville Grodno (Hrodna en biélorusse), non loin de la frontière polonaise. Cette délicate affaire inquiète les catholiques de ce pays de 10 millions d’habitants à plus de 70% orthodoxes.

Une tentative de faire chanter l’Eglise catholique en Biélorussie» ?

Le Bélarus compte près d’un million et demi de fidèles catholiques établis dans quatre diocèses: Minsk-Mohilev, Grodno, Pinsk et Vitebsk. Cet été, plusieurs milliers de personnes avaient signé, sur internet, un appel à la libération du Père Vladislav Lazar, adressé au KGB biélorusse et au bureau du procureur général. Les signataires estimaient que l’arrestation du prêtre était une «tentative de faire chanter l’Eglise catholique en Biélorussie et d’intimider la société biélorusse». (apic/interfax/be)

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