Fribourg, 17 décembre 2013 (Apic) Chapelle de l’hôpital des Bourgeois de Fribourg, concert de musique religieuse du seicento italien. Une cinquantaine de personnes occupent les bancs étroits. Soudain tout s’éteint, c’est le noir ! Brouhaha dans le public.
Mais les musiciens ne se perturbent pas. Le son du théorbe, cette sorte de grand luth qu’on voit dans les peintures du Caravage, continue d’emplir la coupole de la chapelle. L’instrumentiste connaît son luth sur le bout des doigts. Dans la pénombre, le son se fait plus dense et plus serein. Les yeux privés de lumière, l’oreille se fait plus attentive, l’âme s’apaise. A la fin du morceau, le public jusque là, très policé, explose en applaudissements.
Entre-temps l’organiste, dont l’orgue à pédales n’a besoin que d’énergie musculaire, et les deux chanteurs ont trouvé une parade. Ils ont sorti leur téléphone portable qui fait aussi lampe torche. Le concert devient théâtre d’ombres, qui volettent sous la coupole pour accompagner les « Salve Regina » « Laudate Dominum » et « Dulcis Christe » Le public apprécie. A la fin du concert, sur le seuil de la porte de la chapelle, la fée électricité revient… mais le miracle lui s’en va ! (apic/mp)
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