Rome: Pour le Vatican, l’école catholique doit favoriser le dialogue interculturel

L’identité de l’enseignement catholique doit toutefois être sauvegardée

Rome, 20 décembre 2013 (Apic) Le Vatican encourage l’enseignement catholique à favoriser le dialogue interculturel. Dans le document publié le 19 décembre 2013, le Saint-Siège insiste en même temps sur la nécessité de sauvegarder l’identité de l’école catholique. Lors d’une présentation à la presse, Mgr Zenon Grocholewski, préfet de la Congrégation pour l’éducation catholique, a mis en garde contre l’idéologie «destructrice» du genre et de certains programmes d’éducation sexuelle que souhaitent imposer les institutions européennes ou les Nations unies.

«Eduquer au dialogue interculturel à l’école catholique, vivre ensemble pour une civilisation de l’amour», tel est le titre d’un opuscule d’une quarantaine de pages publié par la Congrégation pour l’éducation catholique au terme de six ans de recherches. Fruit du travail de nombreux experts et de la confrontation avec des représentants des autres religions, le document affirme notamment que «promouvoir la rencontre entre des personnes différentes favorise la compréhension mutuelle mais ne doit pas conduire à abandonner sa propre identité».

Eviter le relativisme

Dans les pays où la communauté catholique est minoritaire, assure le document, il convient de favoriser la dimension interculturelle en faisant appel «à une capacité de témoignage et de dialogue, sans tomber dans le risque d’un relativisme facile selon lequel toutes les religions se valent et sont les manifestations d’un Absolu que personne ne peut vraiment connaître». Dans les pays où la tradition du catholicisme est plus enracinée, «il s’agit de donner une réponse à tant de jeunes ›sans domicile religieux’ qui sont le fruit d’un environnement de plus en plus sécularisé».

S’il encourage au dialogue interreligieux, le Vatican indique que ce dialogue n’est pas le lieu du compromis, mais un espace de témoignage réciproque entre croyants de différentes religions, pour connaître plus et mieux la religion de l’autre et les comportements éthiques qui en découlent. Parce que la religion est vue comme une réponse de sens aux questions fondamentales de l’homme et de la femme, le document de la Congrégation pour l’éducation catholique met en garde les sociétés de plus en plus sécularisées devant la prétention à éradiquer totalement de la culture toute forme d’expression religieuse.

Le nécessaire enseignement de la religion

Le document fustige alors «le relativisme culturel» qui conduit les groupes culturels à se rapprocher et à coexister, mais sans dialogue authentique. L’approche dite «assimilationniste» selon laquelle l’autre est poussé à abandonner ses propres références culturelles pour faire siennes celles d’un autre groupe ou celles du pays d’accueil, est également critiquée.

Si les quelque 210’000 établissements catholiques à travers le monde – dont 6’000 ont été fondés entre 2008 et 2011 – accueillent nombre de non catholiques, le Vatican rappelle qu’ils ne peuvent renoncer à l’enseignement de la religion, à distinguer de la catéchèse. Il relève également que les programmes scolaires doivent manifester l’identité culturelle et pédagogique de l’école.

Des idéologies destructrices

Interpellé par I.MEDIA sur les programmes en opposition au magistère de l’Eglise parfois imposés dans certains pays par l’Etat,Mgr Angelo Vincenzo Zani, secrétaire de la Congrégation pour l’éducation catholique, a expliqué que le projet éducatif propre de chaque école devait être une médiation entre les indications et les normes légales de chaque pays et la vision chrétienne qui inspire cette institution. «Dans certains cas, il existe une opposition avec la culture et les lois du pays», a reconnu Mgr Zani, faisant notamment référence à l’enseignement de l’éducation sexuelle. Le prélat a réclamé la liberté d’éducation pour les écoles catholiques.

L’école catholique doit aider les parents à éduquer chrétiennement leurs enfants

Le cardinal Zenon Grocholewski a fustigé les programmes européens et onusiens en matière d’éducation sexuelle. «Aujourd’hui, a-t-il assuré, l’un des grand problèmes est représenté par ces courants mondiaux promus par l’Union européenne ou encore le Conseil social des Nations unies, qui veulent imposer l’idéologie du genre». Il a également mis en cause un document de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui veut que l’on enseigne la masturbation aux enfants dès l’âge de 4 ans, qu’ils voient des images homosexuelles, qu’ils apprennent des techniques sexuelles ou encore l’usage du préservatif.

«Si des courants comme la théorie du genre ou autres existent à l’école catholique, c’est mal, cela signifie qu’elle ne se rend pas compte de son identité et de sa mission», a alors insisté le cardinal polonais, assurant que la théorie du genre était «destructrice». Et le cardinal Grocholewski de conclure sur l’identité de l’école catholique: «si elle n’aide pas les parents à éduquer les enfants chrétiennement, c’est une menteuse, une hypocrite, elle s’appelle catholique mais en réalité elle ne l’est pas». (apic/imedia/ami/rz)

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