Bethléem: Les travaux sur le toit de l'église de la Nativité sont en cours

23 tonnes de bois et de matériaux acheminés d’Italie par bateau

Bethléem, 22 décembre 2013 (Apic) Un déchargement inhabituel s’est déroulé le 18 décembre dans le port d’Ashdod, à l’ouest de Jérusalem. 23 tonnes de bois et de matériaux de construction, soigneusement sélectionnés en Italie, sont destinées à l’urgente rénovation du toit de l’église de la Nativité à Bethléem. Dans la ville natale du Christ, les préparatifs des plus grands travaux de cette église depuis 200 ans ont débuté à la mi-septembre. Près de 20 tonnes d’échafaudages sont installées dans la nef centrale. En janvier, le chantier débute avec le remplacement des parties atteintes par la moisissure.

Du bois de qualité acheminé en Terre sainte par la voie maritime: les choses n’ont pas beaucoup changé depuis les deux dernières grandes rénovations du toit, en 1410 et en 1600. Le bois manque dans la région, explique Marcello Piacenti, de l’entreprise de restauration Piacenti en Toscane. C’est la raison pour laquelle on a toujours réutilisé l’ancien bois. La tendance est différente en Europe, où les constructions sont davantage entièrement rénovées. L’équipe de restauration a trouvé dans l’église de Bethléem du cèdre d’avant 1300, du sapin de 1400 et du chêne de 1600.

Trouver le bois qui convient a constitué un grand défi pour les entrepreneurs italiens. «Le bois neuf travaille autrement que l’ancien. Nous avons dû chercher du bois homogène et plus ancien». Les recherches entreprises dans le Piémont, en Vénétie, à Parme et en Toscane n’ont pas été vaines. Après plus de 300 demandes, ils ont déniché des poutres vieilles de 30 à 400 ans dans des dépôts. Chacune d’elles a été analysée au niveau de sa compatibilité avec son utilisation. «C’était la providence! Ce bois a attendu pour venir ici», rigole Marcello Piacenti.

Pas de «beau style Piacenti 2013»

Les Italiens se sont éloignés du projet initial qui consistait à changer beaucoup de parties de la construction boisée. Et cela également pour des raisons optiques: alors que les anciennes poutres suivent leur propre transformation, les nouvelles sont lisses et plates. L’idée de conserver ce qui peut l’être est conforme à la devise des experts: «Il ne s’agit pas d’imposer un «beau style Piacenti 2013″. Le but est qu’on ne remarque pas notre travail depuis en bas». Un «toit par-dessus le toit» devrait permettre de conserver l’ancienne vision. Une couche de feutre entre l’enveloppe extérieure en ardoise et le bois constituera une protection contre la condensation et la chaleur.

«Une heureuse faute d’avoir attendu si longtemps»

Le franciscain Stéphane Milovitch, responsable du projet, est heureux d’avoir en ce spécialiste italien un partenaire qui partage son projet de maintien de l’église. La basilique de la Nativité, explique le religieux, n’est pas seulement une des hauts lieux les plus importants de la chrétienté, mais également un monument hors pair. «Nous avons devant nous une construction du 6e siècle, ce qui est très rare». Le franciscain juge même positive la longue période de non rénovation qui a précédé ces travaux. «C’est une heureuse faute que l’on ait attendu si longtemps. Sans quoi on aurait beaucoup détruit pour rendre l’église belle!», explique-t-il. Stéphane Milovitch pense que beaucoup d’éléments à caractère œcuménique de l’édifice auraient disparu: mosaïques sur le Concile œcuménique, fresques avec des saints orientaux et occidentaux, … «Tout ceci constitue le credo commun de l’Eglise».

Le travail exercé sur cette très ancienne construction nécessite de la flexibilité et procure toujours des surprises, comme la découverte d’une pointe de flèche dans la partie supérieure d’une colonne. Selon les estimations de Marcello Piacenti, il s’agit d’un vestige de l’époque des Sarrasins. Moins surprenantes sont les traces de l’occupation de l’église par des soldats israéliens en 2002. Les impacts de balles sont encore clairement visibles.

Une détérioration plus importante de l’édifice a été provoquée par les infiltrations d’eau en provenance du toit. «Dans cet état, les petites réparations ne sont plus possibles», même si ses prédécesseurs ont effectué du bon travail, souligne le restaurateur. «Le bois a été bien choisi et il s’agit d’une bonne construction. Sans quoi on n’aurait pas pu la conserver si longtemps.»

Au total, 30 à 40 experts sont chargés des travaux actuels, dont les coûts sont estimés à 2,3 millions de francs. Mais pour une rénovation totale de l’édifice, il manque encore actuellement près de 18,3 millions de francs. Le toit et les fenêtres doivent être installés jusqu’en septembre 2014. Mais le restaurateur Piacenti espère obtenir une prolongation du délai. Car «le travail de qualité nécessite du temps!»

Indication aux rédactions: Des photos illustrant cet article peuvent être commandées à kipa@kipa-apic.ch . Prix pour diffusion: 80 frs la première, 60 frs les suivantes.

(apic/ak/bb)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/23-tonnes-de-bois-et-de-materiaux-achemines-d-italie-par-bateau/