Leur nombre a chuté de 10% entre 2004 à 2012
Bombay, 28 décembre 2013 (Apic) La petite communauté des Parsis se retrouve réunie à l’occasion d’un congrès de quatre jours à Mumbai, dans le sud de l’Inde, pour réfléchir à son déclin démographique qui menace son existence même. Ces adeptes du zoroastrisme sont les croyants d’une des plus anciennes religions du monde. Mais leur nombre chute rapidement et les Parsis sont divisés sur les moyens de maintenir leur religion et leur culture. C’est ce que rapporte le 27 décembre 2013 le magazine d’actualité français «Le Nouvel Observateur » sur son site internet.
Les Parsis suivent les traditions de la religion du prophète Zoroastre (ou Zarathoustra) et croient en un Dieu, Ahura Mazda. Ils se rassemblent dans des temples du feu, vénérant le feu comme symbole de pureté. Nombre d’entre eux sont des descendants de Perses ayant fui leurs terres pour l’Inde afin d’échapper aux persécutions religieuses il y a plus de 1000 ans.
En Inde, ils constituent l’une des communautés les plus fortunées, étroitement associée au développement de la capitale financière du pays, Mumbai, où ils résident en nombre. Parmi ses membres connus figurent la famille d’industriels indiens Tata et le défunt leader du groupe Queen, Freddie Mercury.
Mais leur nombre chute rapidement et les Parsis se divisent sur les moyens de maintenir leur religion et leur culture. « D’un point de vue démographique, c’est irréversible. La chute est continue et ils vont disparaître », estime Jehangir Patel, qui publie la revue « Parsiana », magazine destiné à la communauté.
Disséminés en Iran, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, leur nombre a chuté de 10% entre 2004 à 2012 pour s’établir à moins de 112’000 croyants. En Inde, ils sont environ 61’000, moitié moins qu’en 1940. Chaque année, quelque 850 Parsis meurent à Mumbai tandis que la communauté enregistre 200 naissances environ, et les adultes, le plus souvent diplômés et à l’aise financièrement, se marient sur le tard et fondent des familles plus petites, selon M. Patel.
Inquiet de cette tendance, le gouvernement s’apprête à lancer un programme de fécondation in vitro (FIV) qui leur est spécifiquement destiné, les Parsis jouissant d’une réputation d’honnêteté et d’habileté en affaires. « C’est un pas dans la bonne direction », estime la gynécologue Anahita Pandole, qui a travaillé sur un programme semblable pendant 10 ans pour les Parsis à Mumbai.
Mais pour d’autres, des mesures plus radicales doivent être prises pour relancer une communauté traditionnellement fermée, le seul moyen d’être Parsi étant la filiation. Si une femme parsie se marie avec une personne non adepte du zoroastrisme, ses enfants ne pourront entrer dans les temples du feu ou « tours du silence », où l’on dépose les corps des défunts pour qu’ils soient dévorés par les vautours. « C’est une politique de l’apartheid. Il s’agit d’une discrimination fondée sur la race et le sexe », estime l’éditeur de la revue parsie.
La principale organisation parsie, la Bombay Parsi Punchayet, est l’un des principaux propriétaires immobiliers de Mumbai avec 5000 appartements réservés à des Parsis à des tarifs préférentiels, décourageant les mariages de femmes avec des non Parsis.
« Nous voulons augmenter le nombre de Parsis mais si les membres de la communauté se marient en dehors, dans quatre générations l’ethnicité de la communauté disparaîtra », estime Khojeste Mistree, l’un des dirigeants du Punchayet. « Ce sont les règles de la communauté religieuse et il faut les suivre. Chacun a le droit d’en sortir », ajoute t-il.
Le Punchayet a exclu deux de ses prêtres pour avoir célébré une initiation religieuse de deux enfants de femmes mariées à un non Parsi et pour avoir célébré des cérémonies pour des adeptes qui avaient demandé la crémation, interdite. La décision a été contestée en justice. « Je pense que les gens sont vraiment désabusés, très remontés contre le fonctionnement du Punchayet », estime M. Patel.
Le congrès, organisé à BombazyMumbai, se tient tous les 4 ans et devrait accueillir un millier de délégués. (apic/nouvelobs/cw)
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