Le prêtre a critiqué les ingérences des musulmans quant à l'utilisation du mot «Allah» par les chrétiens

Malaisie: Le rédacteur en chef d’un journal catholique entendu par la police

Kuala Lumpur, 9 janvier 2014 (Apic) Le Père Lawrence Andrews, rédacteur en chef du «Herald», l’hebdomadaire de l’archidiocèse catholique de Kuala Lumpur, la capitale de la Malaisie, a été entendu durant deux heures, le 7 janvier 2014, par la police locale. Il lui est reproché d’avoir critiqué l’ingérence des musulmans dans la gestion des affaires chrétiennes, concernant notamment l’utilisation du mot «Allah» par les chrétiens.

Le prêtre était interrogé au sujet des propos tenus le 27 décembre dernier dans le média en ligne «The Malaysian Insider» sur l’usage du mot «Allah» lors des messes célébrées en malais dans les églises de l’Etat de Selangor, qui entoure Kuala Lumpur. Le Père Andrews avait déclaré qu’aucun groupe musulman n’avait le droit de s’ingérer dans les affaires chrétiennes, rapporte le 8 janvier 2014 Eglises d’Asie (EdA), l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris. Il a assuré que les catholiques continueraient à utiliser le mot «Allah» pour dire Dieu, précisant que la liberté religieuse était protégée par la Constitution du pays.

Contradictions législatives

Les propos du Père Lawrence ont provoqué une centaine de plaintes de personnes estimant que le prêtre avait violé une loi de 1988 de l’Etat de Selangor interdisant aux non musulmans d’utiliser certains termes récurrents dans l’islam, dont «Allah».

Réagissant à l’affaire, la Société des avocats catholiques de Malaisie a demandé le 8 janvier l’harmonisation des lois des divers Etats de la Fédération de Malaisie, afin qu’elles n’entrent pas en contradiction avec la Constitution fédérale.

Le prêtre est sorti libre de cette convocation mais dans l’attente d’une éventuelle suite judiciaire.

Une longue lutte juridique

La convocation du Père Lawrence fait grand bruit en Malaisie. Elle se produit cinq jours après la descente menée par les autorités islamiques de Selangor dans les locaux de la Société biblique de Malaisie, où 320 bibles en langue malaise ont été saisies et deux responsables interpellés.

La polémique sur l’usage du mot «Allah» par les chrétiens dure depuis 2009, lorsque le ministère fédéral de l’Intérieur a menacé de révoquer l’autorisation de publication de l’hebdomadaire catholique «The Herald». Depuis, la bataille juridique fait rage.

Le 14 octobre dernier, le diocèse de Kuala Lumpur s’est vu désavoué par une Cour d’appel, qui a interdit au journal d’utiliser le mot «Allah». Un verdict qui ne concerne que l’usage du terme dans la publication et non pas dans le culte et la liturgie.

La prochaine étape juridique est prévue pour le 24 février prochain. La Cour fédérale entendra les parties en présence et jugera de l’opportunité ou non d’un nouveau procès.

Les chrétiens sont au nombre de 2,6 millions en Malaisie, représentant un peu moins de 10% de la population. (apic/eda/rz)

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