Le poids de la tradition religieuse
Ankara, 13 janvier 2014 (Apic) Quelque 129’000 filles mineures ont été mariées, au cours des trois dernières années, à des hommes adultes, en Turquie, a récemment indiqué le ministère national de l’Intérieur. Selon certains experts, les mariages précoces concernent plus du tiers des unions célébrées dans le pays.
L’important développement économique turc n’a pas réussi à infléchir le phénomène des mariages précoces, relève le 11 janvier 2013 l’agence d’information catholique «AsiaNews». De nombreux experts turcs dénoncent l’impact psychologique de ces unions sur les jeunes filles. Ils soulignent que cette pratique est intimement liée à la pauvreté, au manque d’éducation et au poids de la tradition religieuse.
Le professeur Erhan Tunc, de l’Université de Gaziantep, dans le sud du pays, indique que 82% des épouses mineures sont illettrées. Le spécialiste révèle que, même si les mariages précoces sont particulièrement répandus dans les communautés rurales, la pratique est également courante dans certaines grands villes turques, comme Izmir. 17% des mariages y seraient précoces.
Les données récoltées par Erhan Tunc montrent que, dans l’ensemble du pays, 37% des mariages sont conclus avec une mineure. Et, à l’instar de ce qui se passe dans d’autres Etats du Moyen-Orient, ces filles sont unies avec des hommes bien plus âgées qu’elles, et parfois avec des hommes qui les ont violées.
Ce type de mariage est illégal en Turquie. Mais la force des traditions culturelles et religieuses, couplées à un cadre légal imprécis et à un manque de volonté de le faire respecter, rend difficile la lutte contre ce phénomène, relèvent les experts. (apic/asian/rz)
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