La FPF veut entendre les angoisses des patients en fin de vie
Paris, 17 janvier 2014 (Apic) Dans l’actuel débat sur la ›fin de vie’, le Conseil de la Fédération protestante de France (FPF) considère qu’il serait regrettable et dangereux que l’euthanasie soit dépénalisée et inscrite dans la loi. Une telle affirmation n’empêche pas toutefois de prendre au sérieux la possibilité, dans des cas extrêmes, de répondre à la demande du patient d’une assistance médicalisée pour une fin de vie, estime la FPF dans sa prise de position publié le 16 janvier 2014.
La déclaration de la Fédération Protestante de France relève d’emblée que «dans bien des cas, la manière dont la fin de vie est vécue dans notre pays n’est pas satisfaisante. Elle se vit le plus souvent à l’hôpital, hors du cadre familier de la personne, et fréquemment dans une certaine solitude, apparaissant ainsi angoissante.» Ce qui fait que beaucoup de gens appréhendent la perte de leur autonomie et «souhaitent pouvoir échapper à ce qu’ils considèrent comme une mort indigne ».
Selon la foi protestante, «personne n’est entièrement maître de sa vie ». La dignité et la valeur irréductible d’un être humain ne dépendent en rien des conditions extérieures ni même de son état physique ou psychique. La FPF veut cependant entendre ces craintes et considère que la société doit chercher à y répondre.
La FPF relève que trop souvent les personnes confrontées à ces situations n’ont pas une conscience très claire des possibilités actuelles au niveau médical et législatif. Elle ajoute que le développement des soins palliatifs est déjà à même de répondre à beaucoup des besoins en prenant en compte les souffrances physiques et en accompagnant psychologiquement, voire spirituellement, les personnes en fin de vie. La déclaration plaide pour le développement d’une ›culture des soins palliatifs’.
Chaque patient est en droit de refuser toute obstination déraisonnable et même de refuser tout traitement, rappelle la FPF. Face à des douleurs insupportables, il est possible de proposer des sédations en phase terminale qui soulagent le patient en le rendant inconscient, même si ce traitement peut parfois avoir également pour effet d’abréger la vie.
Si la loi Leonetti de 2005 doit être améliorée, il s’agira de rendre «plus claire la possibilité de sédation en phase terminale ou en précisant la nécessité du caractère collectif des décisions à prendre dans ces situations extrêmes.» Mais ainsi complétée, cette loi répond très largement pour la FPF aux situations dramatiques.
Pour les protestants, toute demande de mettre fin à ses jours doit être entendue comme un appel. Il est extrêmement difficile de déterminer dans quelle mesure cette demande est destinée à durer. Dans de nombreux cas une attention affectueuse et un accompagnement de la personne dans ses différents besoins ont abouti à un apaisement réel et à la fin de la demande.
La déclaration de la FPF relève aussi que les soignants ont pour vocation première d’apporter de l’aide et des soins. «Un changement de la loi, autorisant à donner ou à faciliter la mort, ne pourrait qu’ébranler la confiance que la personne peut faire à son entourage. Elle pourrait même susciter chez certains, par souci de ne pas peser sur les leurs ou même la société, une sorte de ›devoir’ de quitter la vie.» D’où un risque réel de dérives.
«Une telle affirmation n’empêche pas toutefois de prendre au sérieux la possibilité, dans des cas extrêmes, de répondre à la demande du patient d’une assistance médicalisée pour une fin de vie,» note la FPF qui ne ferme ainsi pas la porte à l’assistance au suicide. Cette assistance médicalisée exprimerait la reconnaissance de la dignité et de la volonté du patient. Elle reflèterait «surtout la pleine solidarité du corps social tout entier qui accompagne un de ses membres jusqu’à la fin, solidarité de la famille, des proches et du corps médical. »
«On peut imaginer que des situations demeureront dans lesquelles les soignants pourront en conscience penser qu’accéder à la demande d’une personne qui souhaite mourir sera la seule réponse possible. S’il est important que cela demeure une transgression de la loi, il l’est plus encore d’être attentif à la singularité de chaque situation.»
« En effet, nous croyons que la vie est donnée par Dieu, qu’elle n’est pas sacrée en elle-même et qu’elle prend sa pleine signification selon le cadre relationnel dans lequel elle s’inscrit. C’est à protéger ce cadre que la loi doit veiller; c’est à le rendre toujours plus vivant et respectueux de chacun que nous voulons contribuer », conclut le texte. (apic/com/mp)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/la-fpf-veut-entendre-les-angoisses-des-patients-en-fin-de-vie/