Rome: François Hollande fait état de nombreuses «convergences» avec le Saint-Siège
Rome, 24 janvier 2014 (Apic) Faisant état de nombreuses «convergences» entre la France et le Saint-Siège, François Hollande a évoqué devant la presse les grands thèmes abordés lors de son entretien de 35 minutes avec le pape François, le 24 janvier 2014 au Vatican. Il a mentionné l’environnement, la situation en Centrafrique ou encore le sort des chrétiens d’Orient. Peu après sa rencontre avec le souverain pontife puis les responsables de la Secrétairerie d’Etat, il a assuré avoir déclaré au pape qu’il serait le bienvenu pour un voyage en France.
Dans une déclaration prononcée à Rome à l’Institut français Centre Saint-Louis juste après son passage au Vatican, François Hollande a tout d’abord souligné le «respect du peuple français pour le message de paix, de solidarité et de justice» du pape François, dont la «simplicité rayonnante» ont touché «tous nos compatriotes, au-delà de leurs convictions religieuses».
Le président de la République a ensuite énuméré les «convergences» de vue entre la France et le Saint-Siège sur de «grands sujets internationaux», à commencer par la situation en Centrafrique, où la France est récemment intervenue. François Hollande a rappelé qu’il avait reçu la veille à l’Elysée l’archevêque et l’imam de Bangui, fortement engagés dans la réconciliation de leurs communautés respectives. «Ils ont lancé un appel que le pape ne peut que soutenir, a-t-il poursuivi, et c’est ce qu’il m’a confirmé».
Plus généralement, le président de la République a demandé que la France et le Saint-Siège continuent de travailler, dans leurs «responsabilités respectives», pour que l’Afrique, «qui connaît la pauvreté», soit au cœur des préoccupations internationales.
Concernant la Syrie, François Hollande a souhaité devant le pape que le Vatican «puisse accueillir la coalition démocratique syrienne pour bien faire comprendre que la paix doit être cherchée à travers une solution politique qui permette le pluralisme» et aller ainsi vers la «transition». Le président français a aussi rappelé l’importance de faire «cesser les combats» et de «faire parvenir l’aide humanitaire».
Le chef de l’Etat français a renouvelé l’engagement de la France pour une «solution négociée entre Israël et les Palestiniens» et pour la protection des lieux saints sur place. «Le libre accès aux lieux saints doit être garanti dans le cadre des négociations en cours», a-t-il estimé. François Hollande a également fait part au pape de sa préoccupation partagée pour les chrétiens d’Orient, qui «doivent être partout soutenus et protégés». «La France est mobilisée pour que les chrétiens restent là où ils ont toujours vécu et qu’ils ne prennent pas le chemin de l’exil», a-t-il insisté.
L’environnement a constitué un thème important des discussions entre François Hollande et le souverain pontife. Le chef d’Etat a confié que le pape lui avait redit une formule déjà utilisée lors d’une audience générale récente: «Dieu pardonne toujours, les hommes parfois, la nature jamais». Sur la «dernière partie de la formule», a souligné François Hollande, il y eu «convergence totale» des vues.
Le président de la République a reconnu que le Vatican avait à coeur le thème de l’écologie depuis longtemps mais que le message était désormais plus «audible». Peu avant cette déclaration, Nicolas Hulot, envoyé spécial du président pour la protection de la planète, avait assuré aux journalistes que François Hollande avait officialisé l’invitation faite au pape à se rendre en France en vue de la conférence sur le climat qui s’y tiendra en 2015. Le militant écologiste et animateur de télévision a confié qu’il souhaiterait voir le souverain pontife au Mont Saint-Michel. «J’ai dit au pape qu’il serait le bienvenue dans notre pays quand il le voudrait et quand il pensera que venir en France sera un moment important de son pontificat», a pour sa part indiqué François Hollande.
Les deux hommes sont également tombés d’accord sur les «excès de la mondialisation» et la France a exprimé son «plein soutien à la position du pape François sur le trafic des êtres humains».
Si François Hollande n’a pas mentionné les sujets de société ayant suscité de vives tensions entre le gouvernement et une partie des catholiques français, il a réaffirmé la position de la France en faveur de la liberté religieuse, de conviction et de conscience. La France, a-t-il ajouté, s’oppose «avec détermination» à «tous les actes antireligieux, notamment dans les lieux de culte. Cela vaut dans toutes les religions, y compris catholique et cela vaut pour tous les actes, sans distinction». Sans entrer dans les détails, le président de la République a souligné que «le débat avec l’Eglise catholique était possible dans le plein respect de la laïcité».
Cette visite de François Hollande au Vatican, particulièrement suivi, intervenait dans un contexte tendu entre le président et une partie des catholiques français, qui lui reprochent d’avoir entrepris de réformer la législation sur plusieurs questions sociétales, du «Mariage pour tous» à l’avortement, en passant par la fin de vie. (apic/imedia/mm/bb)
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