Londres: Prélats européens et nord-américains contre le mur de séparation à Crémisan

Les évêques dénoncent l’éviction par les Israéliens de 58 familles chrétiennes

Londres, 28 janvier 2014 (Apic) Les treize évêques européens et nord-américains membres de la « Coordination Terre Sainte » ont dénoncé le 28 janvier 2014 l’éviction par les Israéliens de 58 familles chrétiennes pour construire leur mur de séparation dans la vallée de Crémisan, près de Bethléem. Cette barrière va séparer le couvent des salésiens de celui des sœurs salésiennes et intégrer les terrains de familles palestiniennes de Beit Jala à la zone de la colonie israélienne de Gilo.

Les évêques occidentaux demandent que l’on prie et que l’on fasse pression au niveau international alors que la Cour Suprême israélienne procède aux auditions sur les évictions de familles habitants la vallée de Crémisan.

Les évêques, qui ont rencontré à la mi-janvier de nombreuses familles de Beit Jala au cours de leur visite en Terre Sainte, ont entendu « leur douleur et leur angoisse ». Ces familles doivent faire face à la menace imminente de perdre leurs terres et leurs moyens de subsistance, étant donné que le mur de séparation va détruire vignobles, oliveraies et vergers et les séparer de leurs terres.

Violation par Israël du droit international

Si les évêques reconnaissent le droit de l’Etat d’Israël à la sécurité et à des frontières sûres, ils relèvent que le tracé du mur de séparation s’écarte fortement de la « Ligne verte », la ligne de démarcation internationalement reconnue qui sépare Israël des territoires palestiniens occupés depuis la Guerre des Six Jours en 1967.

Plus des trois quarts du tracé prévu pour faire passer cette barrière se situe en dehors de la « Ligne verte ». C’est illégal, selon un avis consultatif de la Cour internationale de Justice, qualifié par les évêques d' »historique », tout en étant une violation flagrante de la Convention de Genève et de la Déclaration universelle des droits de l’homme.

Dans leur déclaration, les évêques occidentaux exhortent les gouvernements à « encourager Israël à respecter le droit international ». En particulier, ils demandent qu’Israël respecte les moyens de subsistance de ces familles et la protection de la population de Beit Jala contre d’autres expropriations de leurs terres et de leurs maisons par Israël.

Dans la droite ligne de la politique d’accaparement et de colonisation

« C’est une question d’urgence », écrivent les évêques, étant donné que le 29 janvier 2014, la Cour suprême israélienne commence ses auditions concernant la construction de ce mur de séparation dans la vallée de Crémisan et l’appel devant la justice des familles qui cherchent à protéger leurs terres de l’expropriation. Ils estiment que ce mur sert davantage à consolider les zones de colonies israéliennes de peuplement, dans le but également de séparer de façon permanente Bethléem de Jérusalem. Ce plan particulier est un microcosme de la situation tragique dans la Terre Sainte « qui provoque le ressentiment et la méfiance, ce qui rend bien plus improbable la possibilité d’une solution, si nécessaire ».

La « Coordination Terre Sainte », qui a visité les chrétiens en Palestine et en Israël du 11 au 16 janvier 2014, avait déjà dénoncé jeudi 16 janvier à Jérusalem le « désastre d’origine humaine » dont ils ont été les témoins à Gaza. Une délégation d’évêques occidentaux se rend chaque année en Terre-Sainte par solidarité avec l’Eglise-mère de Jérusalem.

La délégation était composée de Mgr Stephen Brislin (Afrique du Sud), Mgr Pierre Burcher (Scandinavie), Mgr William Crean (Irlande), Mgr Michel Dubost (France), Mgr Paul-André Durocher (Canada), Mgr Patrick Kelly (Angleterre et Pays de Galles), Mgr William Kenney (Angleterre et Pays de Galles), Mgr Declan Lang (Angleterre et Pays de Galles), Mgr Denis Nulty (Irlande), Mgr Richard Pates (Etats-Unis), Mgr Thomas Renz (Allemagne). Mgr Janusz Stepnowski (Pologne) et Mgr Joan Enric Vives (Espagne).

Encadré:

Atteinte à un paysage idyllique

Crémisan est une superbe vallée faite de terrasses en pierre, d’oliviers, d’amandiers, de pêchers et de vignes. Située dans un triangle formé par les villes de Jérusalem, de Beit Jala et d’Al Walaye, la vallée de Crémisan a vu s’établir en 1891 deux couvents salésiens, l’un de religieuses, l’autre de religieux. C’est leur cave renommée qui produit un vin palestinien réputé, le Crémisan. La « barrière de sécurité », que les habitants de Beit Jala surnomment le «mur de l’apartheid», va couper le contact entre le couvent des moines salésiens et celui des sœurs salésiennes. Installés dans la vallée depuis 1891, ils sont pourtant situés à peine quelques centaines de mètres l’un de l’autre. Les sœurs salésiennes ont exprimé leur inquiétude quant à l’avenir des 450 enfants de la région qu’elles accueillent au sein de leur école, rapporte le site internet Terrasanta.net. Ils risquent de ne plus pouvoir accéder aux locaux car une seule route mène encore au monastère, et les élèves devront chaque matin passer par un check-point. « Ceux qui parviendront jusqu’à l’école devront étudier dans un environnement quasi carcéral, cerné de barrières militaires ». Le site internet Terrasanta.net est publié par les Edizioni Terra Santa – Fondazione Terra Santa, basées à Milan dans le centre d’édition de la Custodie de Terre Sainte en Italie. (apic/com/be)

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