Rome: Le pape dénonce la «plaie sociale» de l’usure lors de l'audience générale

Une technique typiquement mafieuse

Rome, 29 janvier 20143 (Apic) A l’occasion de l’audience générale du 29 janvier 2014, le pape François a notamment dénoncé la «plaie sociale» de l’usure, une technique particulièrement utilisée par la mafia dans le Sud de l’Italie. Des propos lancés en présence de plus de 3’000 volontaires travaillant au sein de fondations chargées de lutter contre ce phénomène.

Le pape François a souhaité que les institutions «puissent intensifier leur engagement aux côtés des victimes de l’usure, une plaie sociale dramatique qui blesse la dignité inviolable des personnes». «Quand une famille n’a pas à manger parce qu’elle doit payer son prêt aux usuriers… Ce n’est pas chrétien… C’est n’est pas humain!», s’est-il exclamé, se détachant un instant de son texte.

Il s’exprimait devant de nombreux membres de fondations associées engagées dans la lutte contre l’usure, technique qui consiste à fournir des prêts à des taux d’intérêt illégaux, de façon telle que le débiteur ne puisse les rembourser. Cette situation de redevance permet au créancier d’arriver à ses fins. Il peut obliger son « client » à lui céder des biens ou à commettre pour lui des actions criminelles. L’usure est l’une des activités illégales les plus rémunératrices pour la mafia, qui en fait particulièrement usage dans le Sud de la péninsule.

Le nettoyage dans les finances du Vatican inquiète la mafia

Déjà, lors de l’Angélus du 26 janvier, le pape François avait évoqué la mafia, en condamnant fermement le meurtre du petit Coco, 3 ans, survenu quelques jours auparavant dans le cadre d’une affaire de trafic de drogue en Calabre. En novembre dernier, le procureur adjoint de la ville de Reggio de Calabre, Nicola Gratteri, avaient affirmé que le nettoyage dans les finances du Vatican voulu par le pape François inquiétait la mafia. «Je ne sais pas si le crime organisé a la capacité de faire quelque chose, mais ils y réfléchissent certainement», poursuivait-il. Le Saint-Siège avait réagi en assurant n’être nullement inquiet pour la sécurité du pape.

Avant François, plusieurs papes se sont élevés contre la mafia. Benoît XVI (2005-2013) avait particulièrement dénoncé le «fléau social» de l’usure en juillet 2009, appelant alors l’Etat italien à aider les familles lésées par cet «esclavage». (apic/imedia/mm/bb)

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