Brésil: La Campagne de Fraternité de l'Eglise catholique s'attaque au trafic humain

Opérations coup de poing contre le travail esclave au Brésil

Brasilia, 31 janvier 2014 (Apic) Alors que les libérations de travailleurs en situation d’esclavage se multiplient ces derniers mois au Brésil, la Conférence des évêques (CNBB) a exprimé sa préoccupation face à la propagation de ce fléau. Sa Campagne de Fraternité, lors du Carême 2014, aura justement pour thème «Fraternité et Trafic Humain».

Le 21 janvier, 34 personnes, dont sept adolescents, travaillant dans des conditions proches de l’esclavage, ont été libérées au cours d’une opération commando menée dans cinq unités de production de charbon de bois clandestines, par des fonctionnaires du Ministère du travail et de l’Emploi (MTE). L’opération est certes loin d’être isolée dans un pays qui comptait en 2013, d’après l’ONG Walk Free Foundation, près de 200’000 personnes en situation de travail esclave. Mais elle a d’autant plus marqué les esprits que le charbon de bois produit était commercialisé dans des supermarchés de Sao Paulo, la capitale économique du Brésil, située à moins de 100 km de ces sites.

L’Etat doit renforcer sa lutte contre le trafic humain

Mgr Raymundo Damasceno Assis, président de la CNBB s’est dit particulièrement ému par cette affaire et a exprimé son inquiétude cette semaine devant la presse, face à «la propagation du travail esclave dans plusieurs secteurs de l’économie». Il a ainsi appelé l’Etat brésilien à «poursuivre et renforcer sa lutte contre le fléau». Le thème est d’autant plus sensible pour l’Eglise catholique que la Campagne de Fraternité 2014 porte justement sur le thème «Fraternité et Trafic Humain», en s’appuyant sur le slogan: «C’est pour que nous soyons libres que le Christ nous a libérés» (Galates 5,1)

Rappelant que «le travail esclave est l’une des nombreuses facettes du trafic d’êtres humains», le président de la CNBB a souligné que le trafic et le travail esclave «sont des activités qui profitent de la misère et des inégalités sociales et constituent un terrain fertile pour des trafiquants, motivés par le profit et l’assurance de l’impunité». Face à ce constat, l’Etat est rappelé à ses devoirs. Il lui incombe «d’adopter les mesures adéquates pour éradiquer le travail esclave, protéger ceux et celles qui luttent contre ce fléau, et de punir de manière exemplaire ceux qui en sont responsables».

Campagne 2014 en accord avec les organisations sociales

Ces requêtes font évidemment écho à la Campagne de Fraternité 2014 de la CNBB. Une campagne qui répond aux attentes de nombreuses organisations sociales travaillant à l’éradication du trafic des personnes et à l’accueil des victimes. Outre le travail esclave, le trafic d’êtres humains sert également à alimenter les réseaux de prostitution brésiliens et internationaux et à développer le trafic d’organes. Autant de thèmes sur lesquels l’Eglise entend sensibiliser les fidèles.

Ainsi, lors de la présentation, en octobre dernier, de la Campagne de Fraternité 2014, les responsables de la CNBB avaient présenté l’affiche montrant des mains d’hommes, de femmes et d’enfants enchaînées et ouvertes, symbolisant la situation de domination et d’exploitation par lesquelles passent les personnes victimes de ce trafic. «La majorité d’entre elles sont pauvres ou en situation de grande vulnérabilité, avaient expliqué les évêques. Les réseaux criminels de trafic profitent de cette condition, qui facilite le rapprochement avec ces personnes à qui l’on promet de manière mensongère une vie plus digne. Une fois qu’elles se retrouvent aux mains des trafiquants, ces hommes, ces femmes, ces adolescents et ces enfants sont exploités dans diverses activités contre leur gré et y sont souvent contraints par la violence.» (apic/jcg/bb)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/operations-coup-de-poing-contre-le-travail-esclave-au-bresil/