Des dirigeants chrétiens, musulmans et un ancien chef de l’Etat proposent leur médiation
Ouagadougou, 31 janvier 2014 (Apic) Des dirigeants chrétiens et musulmans, ainsi qu’un ancien président du Burkina Faso, ont mis en place un «Groupe de facilitation ou de médiation» entre le pouvoir et l’opposition, afin d’éviter des violences pré-électorales.
Le Burkina Faso traverse une situation politique tendue, marquée par un débat sur la mise en place d’un Sénat et l’éventuelle modification de l’article 37 de la Constitution, pour permettre au président Blaise Compaoré, au pouvoir depuis octobre 1987, de se représenter à la prochaine élection présidentielle de 2015.
Le groupe est composé de l’ancien chef de l’Etat, Jean-Baptiste Ouédraogo, de l’archevêque de Bobo-Dioulasso, Mgr Paul Ouédraogo, du président de la Fédération des Eglises et missions évangéliques (FEME), le pasteur Samuel Yaméogo, et du président de la communauté islamique de Bobo-Dioulasso, El hadj Mama Sanou. Ils proposent «une transition politique apaisée» dans le pays.
«Fortement interpellés par l’histoire, très inquiets des risques de confrontation qui menacent notre pays, très attachés à la paix, à la stabilité et au progrès du Burkina Faso, et soucieux d’apporter leur contribution à l’œuvre d’édification nationale», les membres du groupe ont décidé de mettre leur expérience au service de la nation et de s’auto-investir d’une mission de conciliation, ont-ils indiqué dans une déclaration publiée dans le quotidien national «Sidwaya» du 30 janvier 2014.
«Les ingrédients d’une possible explosion sociale se trouvent, dorénavant, réunis», relève le groupe. «Si l’on peut se féliciter que l’effervescence témoigne d’un signe évident de vitalité démocratique, il convient, cependant, de s’alarmer du caractère de plus en plus antagonique du débat politique qui prend l’allure d’une guerre de tranchées.»
La déclaration relève la «double singularité» du Burkina Faso. D’une part, le chef de l’Etat actuel, Blaise Compaoré, jouit d’une «grande longévité au pouvoir» et bénéficie d’une bonne estime au plan national et international. D’autre part, le pays, «contrairement à beaucoup d’autres, n’a jamais fait l’expérience d’une transition démocratique». (apic/ibc/mp)
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