Paris: Ouvrage «L’impératrice saint Hélène / A la croisée de l’Orient et de l’Occident»
Paris, 7 février 2014 (Apic) Alors que son fils, l’empereur Constantin, se révèle comme un personnage intrigant et ambivalent, aucune trace de cruauté ni d’orgueil ne subsiste dans les récits sur sainte Hélène, mère de l’Empereur d’Orient et d’Occident. Dans un ouvrage richement documenté, l’écrivaine Hélène Yvert-Jalu retrace le destin de cette femme dont la vie est intrinsèquement liée à celle de son fils et qui a pris une part prépondérante dans la christianisation de l’Empire romain.
«L’impératrice saint Hélène / A la croisée de l’Orient et de l’Occident», paru aux Editions «Pierre Téqui» retrace le destin extraordinaire d’une femme dont les nombreuses zones d’ombres de la vie permettent l’apparition de récits légendaires engendrés par des documents historiques parfois contradictoires.
L’auteur a suivi, non sans peine, les traces d’Hélène en Turquie, en Europe orientale, en Allemagne, en Angleterre, en Belgique, en Italie et en Israël pour y recueillir des traces, souvent incertaines, de son passage. Les très nombreuses lacunes de l’histoire à son sujet «laissent une grande latitude à l’imagination», confirme Hélène Yvert-Jalu.
Les nombreux mystères qui accompagnent la vie de la sainte débutent déjà avec les nombreuses spéculations sur ses origines. De nombreuses sources «sûres» la présentent tour à tour comme fille d’auberge à Drépane, près de Byzance, palefrenière et amazone dans la province du Danube, fille de roi à Colchester dans «l’Ile de Bretagne», ainsi que d’autres hypothèses peu crédibles. Dans quelles circonstances a-t-elle rencontré l’officier romain Constance Chlore, qui la prendra pour épouse? Là encore, la réponse dépendra de la version retenue au sujet de ses origines.
L’accès de son mari à une charge préfectorale, une fonction incompatible avec la présence d’une épouse qui ne soit pas de noble naissance, provoqua sa répudiation. Hélène, tout en accusant le coup, resta en contact intime avec son fils Constantin et exerça sur lui une influence prépondérante dans sa politique d’ouverture à l’égard des chrétiens.
Devenu empereur de l’ensemble de l’Empire romain, d’Orient comme d’Occident, en 324 suite à de nombreuses manœuvres, exécutions et guerres qui ont permis d’écarter tout autre prétendant, Constantin éleva sa mère au rang d’impératrice et installa son siège à Byzance.
L’Edit de Milan instaurant la liberté religieuse fut signé par Constantin en 313 à l’occasion de son déplacement pour le mariage de sa demi-sœur. Ce signe d’ouverture à la religion chrétienne fut sans aucun doute le fruit de la foi profonde de sa mère, face à un fils dont les convictions chrétiennes ont longtemps cohabité avec les croyances dites «païennes». Ainsi, l’auteur de l’ouvrage souligne le «rôle capital joué par Hélène dans l’histoire du christianisme». Par sa foi profonde, son influence et son ouverture sur l’ensemble de l’Europe, l’impératrice fut ainsi un lien très fort entre catholiques et orthodoxes, entre l’Orient et l’Occident, et contribua à l’unité de l’Eglise universelle.
Parmi les hauts faits qui ont ponctué sa vie, le point d’orgue est incontestablement le mérite d’avoir retrouvé la sainte croix de Jésus. Comme pour parachever une destinée faite de légendes «authentiques», les récits sur cet exploit n’apparurent qu’une vingtaine d’années après son passage à Jérusalem. Là encore, le merveilleux (avec un miracle de guérison au contact avec la vraie croix de Jésus) se mêle aux événements et personnages historiques pour forger la vie légendaire de l’impératrice Hélène. Dernier tour de force posthume: sa canonisation aussitôt après sa mort, survenue peut-être en 329, sans autre forme de procès, uniquement par la «vox populi».
Note: «L’impératrice saint Hélène / A la croisée de l’Orient et de l’Occident», Hélène Yvert-Jalu, 2013 / «Pierre Téqui éditeur», série «Les saints du monde» / 218 pages / 18,90 euros.
(apic/bb)
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