Débat parlementaire houleux
Bruxelles, 13 février 2014 (Apic) Malgré l’opposition d’un certain nombre de pédiatres et de l’Eglise catholique de Belgique, qui avait organisé ces derniers jours des veillées de prières dans plusieurs villes, les députés belges ont décidé, jeudi 13 février 2014, que les enfants atteints d’une maladie incurable pourront désormais choisir l’euthanasie pour abréger leurs souffrances. Le débat parlementaire a été houleux. Après les Pays-Bas, la Belgique est le deuxième pays au monde à autoriser, sous de strictes conditions, l’euthanasie pour les mineurs.
Initiateur du texte avec les socialistes flamands et les libéraux, le parti socialiste de la partie francophone a fait passer le texte. Pour le PS, il ne s’agit pas «de tuer une personne, mais de la libérer de ses souffrances». Cela concerne des enfants gravement malades, en phase terminale et devant faire face à des souffrances «physiques et insupportables».
L’Eglise catholique belge s’était, depuis mars dernier, engagée dans la bataille contre le projet de loi qui étend l’euthanasie aux mineurs, rejointe par des responsables orthodoxes, protestants et anglicans. Elle souhaitait éveiller les consciences sur cet enjeu vital pour la société. Ces derniers jours, des veillées de prières avaient été organisées à la basilique du Sacré-Cœur à Koekelberg, à Bruxelles, à la collégiale Saint-Pierre à Leuven, à la basilique de Basse-Wavre, et encore à la cathédrale Saint-Paul de Liège.
La loi ne devrait concerner que quelques mineurs par an. Près de 1’500 adultes choisissent l’euthanasie chaque année en Belgique, soit quelque 2% des décès.
Président de la Conférence des évêques de Belgique, Mgr André-Joseph Léonard avait tenu à rappeler son respect pour les procédures formelles de la démocratie parlementaire, soulignant toutefois que cela faisait partie de la liberté d’expression de manifester son opposition, «pourvu que cela soit fait de manière respectueuse et de manière pacifique».
L’archevêque de Malines-Bruxelles a voulu attirer l’attention des consciences sur les dangers liés à cette loi visant à étendre sous certaines conditions la possibilité de dépénalisation de l’euthanasie aux personnes mineures. «Nous savons qu’il y a d’autres projets qui sont en cours de préparation pour d’autres extensions, notamment aux personnes démentes, à condition qu’elles aient fait une demande anticipée», a-t-il déclaré à plusieurs reprises. (apic/com/be)
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