Mali : Le MNLA occupe toujours Kidal au nord du pays

Le processus de paix en perte de vitesse

Bamako 19 février 2014 (Apic) Malgré les efforts internationaux, un an après le début de l’intervention française pour rétablir la paix au Mali, la région de Kidal, située au nord du pays, reste un bastion du Mouvement national pour la libération de l’Azawad, (MNLA). Alors que le reste du pays se remet lentement de l’occupation par les rebelles et les islamistes, les autorités craignent que le climat persistant de défiance et d’hostilité qui règne à Kidal ne déstabilise le pays.

«Certaines personnes disent que Kidal n’est qu’un caillou dans la chaussure, ou une épine dans le pied, mais une épine dans le pied peut faire souffrir tout le corps », a rapporté à l’agence d’information de l’ONU IRIN, ›Sandy’ El Hadj Baba Haïdara, ancien député de Tombouctou. Malgré le retour d’un gouverneur dans la région de Kidal en juillet 2013 et l’évacuation des bâtiments officiels occupés par le MNLA, le gouvernement malien n’a pas le contrôle de Kidal.

La solution militaire

L’insécurité persiste dans le nord-est du pays. La semaine dernière, le Mouvement pour l’unité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) a revendiqué l’enlèvement de quatre membres du Comité international de la Croix-Rouge et d’un vétérinaire sur la route entre Gao et Kidal.

M. Haïdara se dit favorable à une solution militaire. Des troupes maliennes sont présentes à Kidal, aux côtés des troupes de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) et de l’armée française. Mais, selon les observateurs, leur nombre ne suffit pas à sécuriser ce vaste territoire.

Se retourner contre Paris

Si l’intervention militaire française, qui a débuté en janvier 2013, a permis de chasser les occupants islamistes du pays, le sentiment de gratitude des Maliens s’est estompé au cours des derniers mois. À Bamako, des voix s’élèvent pour dire que, si les forces françaises ont délogé les islamistes de leurs bastions de Tombouctou et Gao, elles ont adopté une approche de non-intervention à Kidal. La France aurait laissé le MNLA s’installer, en espérant que sa connaissance du désert ferait de ce mouvement un allié lors des négociations de libération d’otages ou d’opérations militaires contre la menace résiduelle des jihadistes.

Selon certains Maliens, le gouvernement français considère le MNLA comme un mouvement autochtone aux revendications légitimes. Mais le MNLA n’est plus celui des origines. «Sous cette bannière, on retrouve tous les djihadistes qui ont perdu leurs propres combats», relève l’ex-député Haïdara.

Nous pouvons nous en sortir

Du côté du MNLA, la vision est très différente. Le mouvement parle de civils tués par les forces de sécurité maliennes pendant les manifestations, accusant la France de l’avoir laissé exposé et isolé à Kidal. Il exprime sa déception de n’avoir reçu aucune proposition nouvelle du président, Ibrahim Boubacar Keïta. Cheick Oumar Diarra, ancien ambassadeur du Mali aux États-Unis, a été nommé ministre de la Réconciliation nationale et du Développement des régions du Nord. Des assises nationales pour le nord du Mali ont été organisées à Bamako et une nouvelle commission vérité, justice et réconciliation a été établie. Mais aux yeux des observateurs le processus de paix est en perte de vitesse.

Mohamed Ag Ossade, directeur du Centre culturel touareg Tumast à Bamako se méfie du MNLA, mais redoute aussi une solution militaire. « Nous pouvons nous en sortir », a-t-il dit à IRIN. «Mais à condition que le gouvernement malien aime tous ses enfants et qu’il les traite équitablement». (apic/irin/mp)

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