Rome : Consistoire des cardinaux sur le thème de la famille

Divorcés remariés : Entre rigorisme et laxisme, le cardinal Kasper invite à creuser la voie de la pénitence

Rome, 20 février 2014 (Apic) Lors d’un long exposé en introduction aux travaux du premier consistoire extraordinaire du pape François, le 20 février 2014, le cardinal allemand Walter Kasper a invité à aller au-delà de l’alternative entre rigorisme et laxisme en matière de pastorale familiale. Devant les cardinaux du monde entier, l’ancien président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens a invité à étudier la voie du recours au sacrement de pénitence, notamment concernant l’attitude à adopter face aux divorcés remariés.

Rencontrant les journalistes à l’issue de l’intervention à huis clos du cardinal Kasper, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a souligné qu’il existait une grande harmonie entre le long discours du cardinal allemand – qui ne sera pas rendu public -, et les propos tenus auparavant par le pape François, en ouverture des travaux de ce consistoire extraordinaire sur la famille. Devant près de 150 cardinaux venus du monde entier, le pape avait alors invité à approfondir la pastorale de la famille, souhaitant qu’elle soit intelligente et courageuse, sans tomber dans la casuistique.

Citant aussi bien l’enseignement de Benoît XVI que les propos que celui-ci tenait avant son élection, le cardinal Kasper a amorcé la réflexion sur la «voie de la pénitence et du sacrement de la pénitence» comme chemin éventuel pour apporter des solutions crédibles et satisfaisantes dans des situations difficiles, notamment dans le cas des divorcés remariés.

Dans la ligne des interventions du pape François sur la famille, le cardinal Kasper a alors invité à aller au-delà de l’alternative entre rigorisme et laxisme. Le haut prélat allemand est revenu sur le «binôme indissociable entre la fidélité aux mots de Jésus et la miséricorde», qui doivent rester unies de façon crédible. Il a également évoqué la question de la validité du mariage, évoquant l’importance de maintenir à la fois la dimension juridique et la dimension pastorale, qui ne sont pas en contraposition.

Dans son introduction, a souligné le Père Lombardi, le cardinal Kasper avait certes abordé amplement les difficultés de la pastorale familiale, mais il ne s’était pas «focalisé» sur cette question. Le ›porte-parole’ du Vatican a par ailleurs précisé que ce texte ne serait pas publié, par correction, car uniquement à l’usage des participants au consistoire. Il a toutefois livré le plan de cet exposé de près de deux heures : «La famille dans l’ordre de la création, les structures du péché dans les relations familiales, la famille dans l’ordre chrétien de la rédemption».

En sortant de la Salle du Synode, le cardinal Kasper a confié aux journalistes que le pape lui avait demandé de poser des questions, sans proposer de réponses a priori. Pour lui, le consistoire puis les deux assemblées du Synode des évêques en octobre 2014 et octobre 2015 doivent mener à discerner et à trouver un consensus, non pas un compromis.

Une longue réflexion

En 1993, Walter Kasper, alors archevêque de Rottenburg-Stuttgart, avec deux autres évêques allemands – Mgr Karl Lehmann, évêque de Mayence, et Mgr Oskar Saier, archevêque de Fribourg-en-Brisgau -, avait demandé que l’accès à la communion eucharistique puisse être ouvert à des divorcés remariés en certaines circonstances. Mais Rome, et le cardinal Joseph Ratzinger en particulier, à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi, avait refusé cette hypothèse.

Pourtant, jeune théologien, Joseph Ratzinger avait affirmé en 1972 qu’après une procédure extra-juridique et le témoignage du curé et des membres de la communauté paroissiale, il serait possible de permettre l’accès à la communion de personnes dont la première union «se trouve rompue depuis longtemps et d’une manière irréversible», et dont la seconde union «contractée ultérieurement a fait ses preuves sur une période assez longue comme une réalité justifiable moralement et a été remplie d’un esprit de foi».

Lors d’une rencontre avec le clergé du diocèse d’Aoste en Italie, le 25 juillet 2005, Benoît XVI s’était exprimé sur la situation «particulièrement douloureuse des personnes qui se sont mariées à l’Eglise, mais qui ne sont pas vraiment croyantes et qui l’ont fait par tradition, puis ayant contracté un nouveau mariage non valide, se convertissent, trouvent la foi et se sentent exclues du sacrement». Face à ce problème du «sacrement célébré sans foi», il avait alors confié avoir réfléchi, du temps où il était préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, à la question de l’invalidité de tels mariages. Ce problème, confiait-il à des prêtres italiens, doit encore être approfondi. (apic/imedia/mm/mp)

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