Berne : Vers la fermeture de la moitié des églises protestantes de la capitale fédérale?

L’Eglise réformée confrontée à une chute brutale de ses membres

Berne, 25 février 2014 (Apic) La ville de Berne pourrait voir fermer dans les prochaines années la moitié de ses églises protestantes, rapporte le 24 février 2014 le journal alémanique « Der Bund ». Face à une crise financière importante liée à la forte diminution des ses membres, le grand conseil de la paroisse générale réformée de Berne a décidé de réduire de moitié les coûts d’entretien de ses immeubles qui se montent actuellement à 8 millions de francs par an.

Concrètement, ces mesures vont signifier dans les prochaines années la fermeture ou la liquidation de temples, de presbytères ou de maisons de paroisse. Le processus de réforme radicale lancé par l’Eglise évangélique réformée bernoise en 2012 entre désormais dans une phase concrète, explique Barbara Zutter, présidente du comité de projet. Les rencontres dans chacune des paroisses ont débuté il y a deux semaines pour discuter des mesures à prendre. Le groupe de projet a été étonné des réactions généralement positives, relève Barbara Zutter « Si nous devons faire quelque chose, faisons-le avec courage ! »

Des solutions drastiques

Des solutions drastiques sont en effet nécessaires. Le nombre des membres de l’Eglise évangélique réformée de la ville de Berne a chuté de 35% en 25 ans alors que les coûts de personnel et d’infrastructures ont continuellement augmenté. Le déficit annuel se monte ainsi à 3 millions de francs et sans mesures d’urgence les réserves seront dissoutes dès 2015.

Que faire alors ? « La solution la moins intelligente aurait été de demander aux douze paroisses une réduction linéaire des dépenses », explique Barbara Zutter. Mais il s’agit de bien plus que d’un problème financier. « Nous devons rassembler nos forces ». Deux variantes sont en discussion: une fusion des douze paroisses comprenant quatre ou cinq circonscriptions ou plusieurs fusions de quelques paroisses. Le choix devrait être laissé aux paroissiens lors d’une votation d’ici à 2015. Dans les deux variantes, une demi-douzaine d’églises ne seront plus nécessaires. Mais pour l’instant Barbara Zutter ne veut pas spéculer sur le choix des temples qui seront désaffectés comme lieux de culte. Ils pourraient devenir des espaces culturels ou être remis à d’autres Eglises comme les évangéliques ou les communautés de migrants.

Une chance pour repenser l’Eglise réformée

Le fait que les réformés bernois veuillent économiser sur les bâtiments plutôt que sur le personnel résulte d’une volonté claire. « Pour la mission de l’Eglise, les personnes sont plus importantes que les infrastructures » Pour Charlotte Gutscher, autre membre du comité de projet, il s’agit d’une chance de repenser l’Eglise réformée.

Une structure complexe

La paroisse générale réformée de Berne regroupe douze paroisses de la capitale fédérale, y compris la paroisse française. Forte encore de 85’000 membres en 1990, elle n’en compte plus que 55’000 en 2014.

Son budget se monte à 42,3 millions de francs avec un déficit de 3 millions. Elle est l’employeur du personnel laïc de l’Eglise : administrateurs, sacristains, concierges, organistes, membres des services sociaux, etc. soit un total d’environ 80 postes. Les quelque 30 pasteurs sont eux directement financés par le canton de Berne.

L’immobilier est également propriété de la paroisse générale, mais ce sont les paroisses particulières qui décident de l’utilisation des bâtiments. Divers biens ont déjà été vendus ou le seront prochainement.

L’Eglise catholique a aussi entrepris une réforme de ses structures. Les 15 paroisses catholiques de la région du grand Berne ont été regroupées en cinq unités pastorales. Un processus est actuellement en cours en vue d’alléger les structures administratives. (apic/bund/mp)

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