Suisse/France : Le Trésor de l'Abbaye de Saint-Maurice exposé à Notre-Dame de Paris

Tant de lumière venue de la lointaine Bourgogne montagneuse

Saint-Maurice/Paris, 2 mars 2014 (Apic) Ils étaient nombreux de Saint-Maurice à accompagner le Trésor de l’Abbaye à Notre-Dame de Paris. Des chanoines, bien sûr, entouraient Monseigneur Roduit, mais aussi le conseil communal, les guides du trésor et des gens d’Agaune, tous conservant un oeil attentif sur leurs précieuses reliques. Les seuls à relâcher leur surveillance furent, par nécessité, les chanteuses et chanteurs de l’Ensemble Vocale de Saint-Maurice, fortement mis à contribution et dont les voix ont merveilleusement habité les grands espaces de Notre-Dame.

Pendant toute la durée des travaux d’agrandissement de sa salle d’exposition à Saint-Maurice, le Trésor a été invité au Louvre. En attendant le vernissage du 12 mars prochain et l’ouverture de l’exposition au célèbre musée de la capitale française, les reliques des martyrs sont exposées à Notre-Dame de Paris, deux jours trop brefs mais tout de même le temps de plusieurs messes dominicales, pour bien rappeler leur dimension sacrée qui prime sur leurs qualités historiques et artistiques.

Les reliques ont suscité la curiosité du flux de touristes qui, sans discontinuer, circule dans la cathédrale, mais aussi de sincères dévotions des hôtes et fidèles du diocèse de Paris. Telle est l’ambiance de Notre-Dame, partagée entre ceux qui se mouillent d’une petite douche spirituelle, histoire de ramener quelques souvenirs exotiques, téléphone photographique à la main, et les autres, celles et ceux qui se baignent chaque semaine dans la foi catholique. Les uns se sont émerveillés de la beauté des reliquaires, s’interrogeant sur ce qu’ils représentent, les autres s’agenouillant pieusement devant les reliques des saints martyrs, et du premier d’entre eux, Jésus Christ.

La Royale Abbaye fait ainsi connaître sa millénaire vocation spirituelle, et ce n’est qu’un début, prélude au jubilé du 1500ème qui déjà dévoile ses ambitions festives et spirituelles.

L’histoire d’une épine de grande valeur

La sainte épine revient à Paris. Oui, elle revient, car de toutes les merveilles que compte le Trésor des chanoines, elle est la seule à posséder un passé parisien, puisqu’elle fut donnée à l’abbaye par Saint Louis, roi de France.

«Le 19 août 1239, la couronne d’épines, la relique la plus insigne de la chrétienté, entrait solennellement à la cathédrale Notre-Dame de Paris, portée par St-Louis et son frère Robert d’Artois, suivis d’un brillant cortège.» Ainsi débutait le récit du parcours d’une petite épine, récit extraordinaire que Madame Elisabeth Antoine, commissaire d’exposition au Louvre, a livré au public parisien. «La couronne fut ensuite déposée dans la chapelle du palais de la cité, remplacée par la Sainte Chapelle, édifiée spécifiquement pour abriter les reliques de la passion qu’avait obtenues Saint Louis, et consacrée en 1248. Ainsi s’achevait le voyage de la plus précieuse des reliques de la passion, venue de Constantinople. L’Empereur Baudoin II, à court d’argent, avait accepté de la céder à Saint Louis en 1238.»

Au cours de son règne, le Roi fit don d’épines à travers le Royaume de France, mais au-delà aussi, à Tolède, à Barcelone, à Valence, à Pampelune, à Liège et à Agaune. Parce que les chanoines ont conservé aussi précieusement que le reliquaire un document adressé par Saint-Louis, les circonstances de la donation sont exceptionnellement documentées. Le roi regrettait que les reliques des martyrs «dans la lointaine Bourgogne montagneuse demeure comme autant de lumière du Christ cachée sous le boisseau». Il souhaitait les placer, telles des flambeaux, en diverses églises du royaume, tant pour la gloire de Dieu que pour l’édification du peuple de France. L’abbé d’Agaune accepta de lui céder pas moins de vingt-quatre corps saints, qu’il apporta lui-même accompagné de nombreux chanoines. Le roi les accueillit grandement à Senlis, «il était bonne chose et honnête que ledit Saint Maurice, qui avait été chevalier de Jésus-Christ, fusse porté par chevalier».

Ainsi 46 barons ou chevaliers, portèrent vingt-trois châsses dans lesquels les corps saints furent déposés. Le roi lui-même fermait la marche, la vingt-quatrième châsse sur ses épaules. Dix des châsses furent distribuées à travers le royaume, alors que les quatorze dernières furent installées à Saint-Maurice de Senlis, prieuré nouvellement construit. Saint Louis y installa un collège de quatorze chanoines, sous les mêmes règles qu’à Agaune, portant la même robe rouge et suivant les rites de la Chapelle royale de Paris. En remerciement de leur don généreux, le roi offrit aux chanoines de Saint-Maurice le reliquaire de la sainte épine. (apic/pf/cw)

Vous pouvez écouter ce récit en détails en vous rendant à l’adresse https://www.cath.ch/detail/tant-de-lumi%C3%A8re-venue-de-la-lointaine-bourgogne-montagneuse

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