Des fruits et légumes faussement soupçonnés d’être radioactifs
Fukushima, 10 mars 2014 (Apic) L’association catholique « Revivre »se bat pour trouver un débouché à la production maraîchère et fruitière de la région sinistrée de Fukushima, au centre du Japon. Suite au Tsunami et à la catastrophe nucléaire de 2011, les agriculteurs de la région n’arrivent plus à vendre leur production, soupçonnée d’être radioactive, alors qu’elle est totalement saine.
Autrefois, la région de Fukushima était connue pour être le «verger du Japon » et la préfecture de Fukushima était celle qui comptait le taux le plus élevé d’agriculteurs du pays, relève le 10 mars 2014 Eglises d’Asie (EdA), l’agence d’information des Missions Etrangères de Paris. Trois ans après le tremblement de terre du 11 mars 2011, les cageots de fruits et légumes qui portent la mention « Préfecture de Fukushima » pourrissent dans les hangars ou se vendent à des prix décotés tant la suspicion de contamination radioactive est forte.
Face à cette situation, Yaginuma Chikako de l’ONG « Revivre » a monté, avec l’aide de la Caritas du Japon et du diocèse de Tokyo, un réseau pour écouler les fruits de mer ainsi que les fruits et légumes issus des exploitations de la préfecture de Fukushima. Chaque fin de semaine, des bénévoles vendent les produits à la sortie des messes du dimanche dans 35 paroisses de Tokyo et de ses alentours. Tous les cageots et cartons sont certifiés conformes aux normes en matière de contamination radioactive. Le président d’une société fabriquant des compteurs Geiger siège au bureau de l’ONG, et Yaginuma Chikako ainsi que ses collaborateurs veillent très soigneusement à ce que chaque lot expédié porte bien l’étiquette indiquant le résultat de la dosimétrie. Celle-ci est toujours largement inférieure au seuil imposé par la législation.
Portée par les vents, la radioactivité issue de la centrale accidentée de Fukushima Daiichi ne s’est pas déposée de manière uniforme dans la région. Les zones contaminées dessinent une carte « en peau de léopard », des secteurs irradiés jouxtant des zones épargnées. Si la production agricole de la région souffre d’un discrédit général, dans la réalité, certaines exploitations sont en mesure de produire des fruits et légumes complètement sains. (apic/eda/rz)
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