Otto Schäfer invité comme orateur lors d’une Conférence internationale
Sendai, 14 mars 2014 (Apic) Trois ans après la catastrophe nucléaire de Fukushima, une délégation de la Fédération des Eglises protestantes de Suisse (FEPS) s’est rendue à l’est du Japon à l’invitation des Eglises protestantes japonaises. L’éthicien Otto Schäfer a exposé le 13 mars à l’Université Tohoku Gakuin, à Sendai, les enjeux spirituels et éthiques liés à la production et la consommation d’énergie.
Le chargé des questions théologiques et éthiques de la FEPS est intervenu lors de la Conférence internationale sur la catastrophe de l’est du Japon (International Conference on the East Japan Disaster), à Sendai, à moins de 100 km de la centrale de Fukushima-Daiichi, relève la FEPS dans un communiqué diffusé le 15 mars.
L’objectif de la Conférence internationale, organisée du 11 au 14 mars, était de partager les réflexions des participants au sujet de l’usage du nucléaire. Les 185 représentants d’Eglises, venus notamment de Corée du Sud, de Taiwan, d’Allemagne et de Suisse, ont également consacré une partie de leur rencontre à la commémoration du drame du 11 mars 2011.
«Sans nul doute, l’énergie suscite des questions éthiques», a relevé Otto Schäfer. «Comment assumons-nous les fardeaux que représentent les déchets, la pollution, les risques et les désastres? Ces questions ne sont pas seulement techniques et économiques, mais exigent des choix éthiques. Comment gérer l’énergie de manière à respecter la dignité humaine et la planète», s’est interrogé le théologien et biologiste.
L’ère énergétique fossile touche à sa fin, a-t-il souligné. Pour expliquer les réactions les plus fréquemment rencontrées face à ce fait, Otto Schäfer invite à faire l’analogie avec les cinq étapes du deuil décrites par la psychologue suisse Elizabeth Kübler-Ross : le déni, la colère, le marchandage, la dépression et, enfin, l’acceptation. La transition à l’ère «post-fossile» s’apparente donc à une épreuve à traverser, une épreuve de laquelle on ressort plus fort, conclut le théologien et éthicien.
Depuis 2011, l’Eglise Unie du Christ au Japon a mis sur pied un programme d’aide caritative aux victimes tout en dénonçant le «mythe de la sécurité de l’énergie nucléaire». Joignant sa voix à d’autres, elle pointe du doigt la politique de communication de TEPCO, l’exploitant de la centrale accidentée, et des autorités japonaises sur ce dossier, qui continue d’être très lacunaire, trois ans après la catastrophe.
La délégation de la FEPS comptait, outre Otto Schäfer invité comme orateur, Magdalena Zimmerman, représentante de l’œuvre d’entraide mission 21 et Peter Dettwiler, animateur Terre Nouvelle de l’Eglise de Zurich. Un appel aux dons organisé auprès des paroisses suisses après la catastrophe de mars 2011 a permis à mission 21 de verser quelque 390’000 francs à des programmes d’aide pour les habitants de la région de Fukushima. (apic/com/bb)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/otto-schaefer-invite-comme-orateur-lors-d-une-conference-internationale/