Italie: Le pape François rencontre des proches de victimes de la mafia

Ferme condamnation du crime organisé

Rome, 21 mars 2014 (Apic) Le pape François rencontre, le 21 mars 2014, à Rome, quelque 700 proches de victimes de la mafia. Cette veillée de prière, dans le cadre d’une célébration organisée par la fondation antimafia italienne ‘Libera’, aura lieu dans l’église Saint-Grégoire-VII, non loin du Vatican. Elle est l’occasion pour le pontife de poursuivre dans la voie de la ferme condamnation du crime organisé.

C’est à la veille d’une journée nationale «à la mémoire des victimes innocentes de la mafia» que le pape préside une veillée de prière dans l’église située à quelques centaines de mètres du Vatican. Depuis 1996, autour du 21 mars, premier jour du printemps, l’association ‘Libera’, fondée par le Père Luigi Ciotti, organise une «Journée de la mémoire et de l’engagement» en Italie. C’est ce prêtre qui introduira et clôturera la rencontre, au cours de laquelle seront notamment lus les noms de victimes innocentes de la mafia. Le pape proposera une réflexion et un proche d’une victime son témoignage.

Après avoir fondé une association d’aide aux toxicomanes, Don Luigi Ciotti s’est attaqué au crime organisé et à la corruption. En 1995, après les attentats mafieux ayant entraîné la mort des juges Falcone et Borsellino, il a monté ‘Libera’, un organisme qui coordonne aujourd’hui plus de 1’300 associations, acteurs locaux, écoles ou groupes engagés dans la lutte contre la mafia, la corruption, l’usure, etc.

Condamnations fermes

A l’instar de ses prédécesseurs, le pape François s’est déjà à plusieurs reprises élevé contre les pratiques mafieuses. Lors de l’Angélus du 26 mai 2013, au lendemain de la béatification du Père Giuseppe Puglisi, tué par la mafia, le pape François s’en était violemment pris au crime organisé, responsable de la douleur d’hommes, de femmes et d’enfants, rendus esclaves par la prostitution et les pressions sociales. «Prions pour que ces mafieux se convertissent à Dieu», avait lancé le pape.

Lors de l’Angélus du 26 janvier dernier, le pape François avait évoqué la mafia en condamnant fermement le meurtre du petit Coco, un garçon de trois ans, dans le cadre d’un règlement de comptes lié au trafic de drogue en Calabre. Trois jours plus tard, à l’audience générale, il avait dénoncé la «plaie sociale» de l’usure, une technique très utilisée par la mafia dans le sud de la Péninsule italienne.

En novembre 2013, le procureur adjoint de la ville de Reggio de Calabre, Nicola Gratteri, avait assuré dans la presse que le nettoyage dans les finances du Vatican voulu par le pape François inquiétait la mafia. «Je ne sais pas si le crime organisé a la capacité de faire quelque chose, mais ils y réfléchissent certainement», poursuivait-il. Le Saint-Siège avait réagi en assurant n’être nullement inquiet pour la sécurité du pape.

Les pontifes contre ‘la pieuvre’

Avant le pape François, plusieurs pontifes se sont élevés contre la mafia. Au terme de sa visite en Sicile, le 3 octobre 2010, Benoît XVI avait tenu à rendre un hommage au juge Giovanni Falcone, assassiné par l’organisation en 1992. Avant de quitter la région de Palerme, il s’était arrêté sur les lieux de l’assassinat du juge antimafia afin de prier pour toutes les victimes du groupe criminel. Un peu plus tôt, il avait exhorté les jeunes Siciliens à ne pas céder aux sollicitations de la mafia, «qui est une voie vers la mort», les invitant à s’opposer au mal.

Jean Paul II avait tenu des propos tout aussi fermes contre la mafia. Lors du dernier de ses cinq déplacements en Sicile, en 1995, il avait ainsi lancé un appel vibrant contre ‘la pieuvre’, dont les membres sont souvent religieux par superstition. «Tu ne tueras pas !», avait-il lancé avec force, ajoutant qu’aucun homme, aucune association humaine, aucune mafia ne peut changer ni fouler aux pieds le droit à la vie, «ce droit très saint qui vient de Dieu». (apic/imedia/ami/mm/rz)

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