Rome : Un évêque italien en lutte contre la mafia écrira les méditations de la Via Crucis

Rome, 25 mars 2014 (apic) C’est l’évêque italien de Campobasso, Mgr Giancarlo Bregantini, connu pour sa lutte contre la mafia, qui a été chargé d’écrire les méditations des 14 stations du chemin de croix du Vendredi-Saint, présidé par le pape au Colisée, a indiqué le 25 mars le Bureau de presse du Saint-Siège.

Pour écrire ces méditations le pape François a choisi un évêque connu pour ses prises de paroles énergiques contre la mafia et la corruption Mgr Giancarlo Bregantini. Ces textes devraient s’inscrire dans la ligne tracée le 21 mars dernier par le pape François qui implorait les mafieux de se convertir.

Originaire du Nord de l’Italie, prêtre ouvrier avant d’être aumônier de prison, Giancarlo Maria Bregantini est devenu évêque en Calabre en février 1994, il n’avait alors que 45 ans. Evêque de Campobasso dans la région du Molise, depuis novembre 2007, Mgr Bregantini est connu pour ses prises de paroles fortes contre le crime organisé. Il est notamment l’auteur d’un ouvrage en italien intitulé : « Nous ne pouvons nous taire, les mots et la beauté pour vaincre la mafia. »

Le ›Père Giancarlo’

Lorsqu’il fut ordonné évêque de Logre-Gerace, une bombe avait été placée sous le podium où il célébrait la messe. Il refusa par la suite d’être escorté par la police, n’ayant de cesse de s’opposer aux méthodes de la mafia locale, la ›ndrangheta’. Pour beaucoup, en Calabre comme dans le Molise, il n’est pas Mgr Bregantini mais le «Père Giancarlo». Depuis 2010, il est président de la Commission pour les questions sociales et le travail de la Conférence épiscopale italienne.

Lorsque Mgr Bregantini a quitté son précédent diocèse en Calabre, raconte Radio Vatican, ses fidèles ont fait souffler un vent de révolte. Ils voulaient garder avec eux cet évêque qui n’avait pas hésité à se dresser contre la mafia calabraise. Ils exprimaient ainsi leur reconnaissance à un homme d’Eglise qui, dès son arrivée dans le Sud de l’Italie, en 1994, avait décidé que les parrains des bébés à baptiser seraient désormais choisis par les curés, et non plus par les parents. Il voulait ainsi éviter que les baptêmes ne se transforment en réunion du syndicat du crime.

A 65 ans, Mgr Bregantini ne cesse d’élever la voix pour les sans voix. C’est ainsi que, le 23 mars, l’évêque de Campobasso, dans une homélie, a fustigé les politiciens qui ne chercheraient qu’à gagner de l’argent au lieu d’être au service de leurs concitoyens. Le prélat a aussi appelé de ses vœux un meilleur système sanitaire dans sa région du Centre-Sud de l’Italie.

Les méditations du premier Chemin de croix que présidait le pape François dans la soirée du 29 mars 2013, deux semaines après son élection, avaient été rédigées, à la demande de son prédécesseur, par de jeunes Libanais sous la houlette du patriarche maronite Béchara Raï. Ce texte évoquait en particulier «les victimes des guerres et de la violence» qui dévastent plusieurs pays du Moyen-Orient, une région «déchirée par l’injustice et les conflits», et souhaitait que «le sang des victimes innocentes soit la semence d’un nouvel Orient plus fraternel, pacifique et juste». (apic/imedia/mp)

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