Le pape en terres mafieuses
Rome, 6 avril 2014 (Apic) Il faut croire que le pape François n’a pas peur de la mafia. Lui qui a récemment appelé les mafieux à changer de vie et à se convertir afin de ne pas «finir en enfer», se rendra en juin et juillet 2014 en Calabre et au Molise, des régions du sud de l’Italie marquées de l’empreinte du crime organisé.
Après ses déplacements en 2013 à Lampedusa, Cagliari et Assise, le pape François se rendra le 21 juin prochain en Calabre, dans le diocèse de Cassano all’Jonio. L’évêque de ce diocèse, Mgr Nunzio Galantino, a été nommé depuis peu secrétaire général de la Conférence épiscopale italienne par le pape.
En se rendant à Cassano all’Jonio, le pape visitera la ville où le petit Cocò Campolongo, trois ans, fut exécuté d’une balle dans la tête puis brûlé en compagnie de son grand-père par la ‘Ndrangheta, en janvier dernier. Quelques jours plus tard, lors de l’Angélus, le pape François avait invité les fidèles à prier avec lui pour l’enfant mais aussi ses criminels, «afin qu’ils se repentent et se convertissent».
Le 5 juillet, c’est dans la région rurale du Molise, au centre-sud du pays, que le pape se rendra, visitant les diocèses de Campobasso-Boiano et de Isernia-Venafro. L’évêque de Campobasso, Mgr Giancarlo Maria Bregantini, connu pour ses pour ses prises de paroles fortes contre le crime organisé, a été choisi par le pape pour écrire les méditations du Chemin de croix qu’il présidera dans la soirée du Vendredi saint 18 avril, à Rome.
A l’occasion de ces deux déplacements dans le sud de la Péninsule, le pape pourrait mettre de nouveau l’accent sur la lutte contre la criminalité organisée. En mars dernier, le pape François avait participé à une veillée de prière en mémoire des victimes de la mafia, invitant les maffieux à la conversion.
Comme ses prédécesseurs, il s’est déjà élevé à plusieurs reprises contre les pratiques mafieuses. En novembre 2013, le procureur adjoint de la ville de Reggio de Calabre avait assuré dans la presse que le nettoyage des finances du Vatican voulu par le pape François inquiétait la mafia. «Je ne sais pas si le crime organisé a la capacité de faire quelque chose, mais ils y réfléchissent certainement», poursuivait Nicola Gratteri. Le Saint-Siège avait réagi en assurant n’être nullement inquiet pour la sécurité du pape. (apic/imedia/ami/rz)
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