Brésil: Les évêques regrettent le soutien d'une partie de l'Eglise à la dictature militaire (1964-1985)

L’Eglise réaffirme son engagement pour la démocratie

Brasilia, 7 avril 2014 (Apic) La Conférence nationale des évêques catholiques du Brésil (CNBB) a regretté, dans une déclaration publiée début avril 2014, que certains de ses membres aient soutenu la dictature militaire qui a opprimé le pays de 1964 à 1985. Les prélats ont souhaité que toute la lumière soit faite sur cette triste période et ont réaffirmé leur engagement pour la démocratie.

Le document intitulé «Pour des temps nouveaux, avec la liberté et la démocratie», reconnaît que des évêques brésiliens ont soutenu la junte avec l’intention de combattre le communisme. Ce texte, sans précédent parmi les conférences épiscopales d’Amérique latine, représente une contribution de l’Eglise du Brésil à la commémoration du 50e anniversaire de l’installation de la dictature dans le pays. «S’il est vrai que, initialement, une partie de l’Eglise a soutenu le mouvement qui a mené à cette soi-disant révolution contre le communisme, elle a également dénoncé la répression, dès qu’elle a découvert que les méthodes du nouveau régime ne respectaient pas la dignité humaine et les droits de l’homme», indiquent les prélats.

«Le pays de la douleur et des larmes»

L’armée brésilienne avait réalisé, le 31 mars 1964, un coup d’Etat qui avait renversé le président élu Joao Goulart. Les milieux de droite du pays avaient pris prétexte que Joao Goulart ne s’allie au régime cubain de Fidel Castro.

La junte militaire a ainsi régné pendant 21 ans de façon autoritaire et dictatoriale. Il a restreint la liberté d’expression et réprimé l’opposition. Ses activités anticommunistes étaient soutenues par les Etats-Unis.

Pour les évêques, le Brésil était devenu, au cours du règne de la junte, «le pays de la douleur et des larmes». Ils rappellent que «tout au long de cette période, des mouvements étudiants, des travailleurs des zones rurales et urbaines, des intellectuels et des représentants religieux ont ardemment combattu pour la démocratie. Beaucoup d’entre eux ont été assassinés, torturés, envoyés en exil ou ‘portés disparus'».

La démocratie et l’Etat de droit sont revenus au Brésil avec les élections présidentielles de 1985, lorsque Jose Sarney est arrivé au pouvoir.

Les prélats appellent les citoyens a réaliser toute la lumière, «sans esprit de vengeance ou de revanche», sur cette sombre période de l’histoire du Brésil. Dans la perspective des élections présidentielles et parlementaires d’octobre prochain, la CNBB réaffirme également son engagement pour la démocratie et la justice sociale. (apic/cna/rz)

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