Prise de position de la Pastorale œcuménique dans le monde du travail

Salaire minimum : bien plus qu’un problème économique !

Lausanne, 22 avril 2014 (Apic) En vue de la votation du 18 mai prochain sur l’introduction d’un salaire minimum à 4’000 francs, le Conseil de la Pastorale oecuménique dans le monde du travail du canton de Vaud invite à réfléchir à la notion de salaire juste et au respect de la dignité humaine. Une soirée débat aura lieu à Lausanne le 1er mai.

Il y a plus de 100 ans déjà le pape Léon XIII, dans son encyclique ›Rerum Novarum’ (1891), relevait que «le salaire doit suffire à faire vivre l’ouvrier et sa famille. Si le travailleur, contraint par la nécessité ou poussé par la crainte d’un mal plus grand, accepte des conditions très dures, que d’ailleurs il ne peut refuser parce qu’elles lui sont imposées par le patron ou par celui qui fait l’offre du travail, il subit une violence contre laquelle la justice proteste.»

Dignité de la personne humaine

« Comme chrétiens, nous refusons de réduire le salaire à sa seule dimension économique, note le Conseil de la Pastorale oecuménique dans le monde du travail. Le salaire fait partie d’une activité humaine, le travail, qui est de nature relationnelle. Un salaire conçu uniquement comme le paiement d’une prestation, fixé selon la seule logique du marché, nie cette dimension fondamentale et la dignité de la personne qui travaille. Cette dignité est incompressible : elle ne peut pas être marchandée. La dignité humaine est une valeur fondamentale non seulement pour les chrétiens mais aussi pour toutes les personnes qui respectent la Déclaration universelle des droits de l’homme. »

Ou comme le dit le Concile Vatican II, «compte tenu des fonctions et de la productivité de chacun, de la situation de l’entreprise et du bien commun, la rémunération du travail doit assurer à l’homme des ressources qui lui permettent, à lui et à sa famille, une vie digne sur le plan matériel, social, culturel et spirituel. » Dans ce domaine, catholiques et réformés partagent largement les mêmes convictions.

Vivre avec 3’500 francs par mois

Concrètement, la pastorale du monde du travail rencontre souvent des familles qui doivent vivre avec 3’500 francs par mois, pour un travail à plein temps, et qui sont contraintes de recourir à l’aide sociale. « Est-il juste que de telles situations existent à côté de la richesse insolente d’une petite minorité de privilégiés ? » s’interrroge-t-elle.

Pour la pastorale du monde du travail « l’aide sociale est l’expression d’une solidarité quand les acteurs privés ne peuvent plus intervenir. Elle est détournée de son but si elle permet à des entreprises de sous-payer leur personnel. Dans ce cas, elle devient une forme de subvention de l’Etat, soit à des entreprises non rentables, soit à des dirigeants économiques égoïstes. »

«La liberté économique – comme toute liberté – doit être encadrée par des limites, en particulier celle qui interdit de porter atteinte à la dignité de chaque personne. Sans ces limites, la liberté se réduit à la loi du plus fort et devient une source de violence », souligne, la Pastorale œcuménique dans le monde du travail.

Lausanne : 1er Mai Soirée oecuménique – fête du travail

Travailleurs pauvres et enjeux éthiques

A l’occasion de la fête du travail le jeudi 1er mai, la Pastorale oecuménique dans le monde du travail organise une soirée de 18h30 à 22h à l’église St-Laurent à Lausanne.

Après une célébration œcuménique et une collation, la soirée se prolongera par la réflexion et l’échange : Pierre-Alain Praz, directeur de Caritas-Vaud parlera des travailleurs pauvres. Pierre Bühler, professeur de théologie à l’Université de Zürich s’exprimera sur le thème ›Salaire minimum les enjeux éthiques’ La discussion sera ensuite animée par Pierre Farron, pasteur de l’Eglise évangélique réformée vaudoise (EERV).

(apic/com/mp)

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