Il est resté pour aider son peuple d’adoption, malgré les menaces
Homs, 22 avril 2014 (Apic) «Accepter l’autre, tel qu’il est et aussi différent soit-il». Telle était la devise du Père jésuite hollandais Frans Van der Lugt, assassiné le 7 avril 2014, à Homs, à l’ouest de la Syrie. Le quotidien libanais «L’Orient Le-Jour» présente, dans son édition du 22 avril 2014, des témoignages de ceux qui ont côtoyé cet homme empli de tolérance, qui, malgré les menaces, n’a jamais voulu abandonner les habitants de son pays d’adoption.
«Le peuple syrien m’a tant donné, tant de gentillesse, tant d’inspiration», avait déclaré à l’AFP le Père Frans, quelques mois avant sa mort. Le prêtre de 75 ans, qui vivait en Syrie depuis 1966, n’a jamais voulu quitter sa paroisse, dans un secteur de la vieille ville de Homs assiégé et bombardé depuis près de deux ans. Un lundi matin, «un homme est venu le chercher, l’a sorti de la maison et lui a tiré à deux reprises dans la tête, dans la rue, en face de sa maison», a expliqué Jan Stuyt, secrétaire de l’Ordre des jésuites néerlandais.
«Nous avons été toujours fascinés par son éloquence, sa spontanéité et son discours qui touchait à la fois le cœur et la tête», confient à «L’Orient-Le Jour» Georges Kurdy et son épouse Mona, deux Syriens résidant à Damas, qui assistaient aux conférences du Père Frans depuis 1974. Le couple a découvert chez le religieux un charisme et une générosité hors du commun. «Il pouvait aider n’importe quelle personne: les handicapés, les personnes âgées, les démunis…Il aidait surtout les jeunes pour lesquels il assurait des espaces d’émancipation et d’expression tout en veillant à leur équilibre», assurent les époux.
Le journal libanais a également recueilli le témoignage de Naheda, une Libanaise de 36 ans qui a rencontré le Père Frans en 2007, après s’être fiancée à un Syrien. Elle raconte que le religieux accueillait dans une propriété, près de Homs, des personnes de toutes religions et qu’il avait bâti un temple où l’on pouvait prier indépendamment de sa confession.
La jeune femme a quitté la Syrie pour le Liban dès le début de la guerre. Elle assure que le jésuite est resté à Homs pour donner la foi et transmettre son message de paix. «Je pensais que personne ne lui ferait de mal, il n’était d’aucun bord, le gouvernement comme l’opposition l’aimaient».
Quand elle a appris sa mort, Naheda a détesté ses meurtriers, «car aujourd’hui plus que jamais nous avions besoin de lui». Mais la jeune femme a fini par choisir de se souvenir de ses enseignements et de les appliquer. «Il aimait la vie et la célébrait», souligne-t-elle. (apic/lor/rz)
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